Celui qui m’a vu a vu le Père

10 mai 2020

« Dieu est pour nous un refuge et un appui

Un secours qui se trouve toujours dans la détresse

C’est pourquoi nous sommes sans crainte

Quand la terre est bouleversée »

Psaume 46.2-4

 

Le monde est dans la détresse, la terre est bouleversée… La mort affirme son emprise, et impose aux hommes le désarroi et l’humiliation de leur faiblesse.

Tout ce qui faisait leur fierté, leur puissance, menace d’être mis à bas par ce minuscule et redoutable adversaire…

L’ennemi aime ainsi à se moquer des hommes qu’il a livrés à eux-mêmes, qu’il a capturés dans l’orgueil.

Mais notre Dieu est là, et nous entendons son appel : Réfugiez-vous en ma fidélité, en mon secours, en ma grâce, et vous trouverez la paix, et vous apporterez la paix dans l’épreuve, la consolation dans le deuil, et plus encore : le salut dans la mort.

Les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre ma victoire, remportée pour vous en Jésus-Christ.    Mt 16.18

Écoutons et célébrons la Bonne Nouvelle de notre libération :    

Nous étions morts par nos fautes et par nos péchés, dans lesquels nous marchions autrefois, selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion.

Nous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles ; nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres.

Mais Dieu est riche en miséricorde et, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos fautes, il nous a rendus à la vie avec le Christ.

Il nous a ressuscités ensemble et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Christ-Jésus, afin de montrer dans les siècles à venir la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté envers nous en Christ-Jésus !

C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie.

Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.

Éphésiens 2.1-10

 

Le Seigneur nous a ressuscités ! Par la foi, nous appartenons à son royaume, à l’œuvre éternelle de son amour

Rien, pas même notre mort, ne pourra nous enlever à sa victoire ! Chantons, célébrons notre salut et le salut du monde

https://www.youtube.com/watch?v=FcTwOzbKgTo&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3pVT59uPrFowzuvLlQgqP30Y9usoPzNXKtRifLflz3lCQ9KbZz0ltKr-8

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Dans l’Évangile selon Jean, ch. 14.1-14, écoutons la révélation et les promesses du Seigneur à ses disciples, avant son départ pour la croix…

“Que votre cœur ne se trouble pas. Vous qui croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, vous aurais-je dit que je vais vous préparer une place ?

Donc, si je m’en vais et vous prépare une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Et où je vais, vous en savez le chemin.

Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas… Comment en saurions-nous le chemin ?

Jésus lui dit : Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant, vous le connaissez et vous l’avez vu.

Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.

Jésus lui dit : il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?

Les paroles que je vous dis ne viennent pas de moi-même ; le Père, qui demeure en moi, accomplit ses œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. Sinon, croyez à cause de ces œuvres.

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais vers le Père ; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.

 Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai.”

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Ce dimanche, revenons un peu en arrière, au moment où Jésus annonce son départ à ses disciples, après avoir partagé la cène avec eux… « Petits enfants, je suis encore pour peu de temps avec vous », leur dit-il…

Les disciples sont bouleversés d’entendre cela. Que vont-ils deve­nir sans celui pour lequel ils ont tout quitté et dont ils espèrent tout ? Même s’ils ne savent pas précisément en quoi consiste ce « tout »… Une puissance qui les mette à l’abri des menaces et des souffrances de ce monde ? Sans doute… C’est l’espérance de la chair, de la peur… L’espérance du péché.

Pouvaient-ils imaginer, ces disciples, que le Messie allait leur apporter infiniment plus qu’une protection ? Pouvaient-ils imaginer la mort elle-même vaincue, pouvaient-ils imaginer la vie éternelle ? Non, bien sûr. Pas plus que tous ceux qui ne connaissent pas le Seigneur, qui cherchent encore, sans fin…

Pour l’instant, ils se disent : « Sans lui, qu’allons-nous devenir ? Est-ce pour cela que nous l’avons suivi ? Pour qu’il nous quitte ? » Ils sont perdus, désemparés, et bien loin d’imaginer pourquoi leur Sei­gneur va les quitter… Bien loin d’imaginer la croix, sa mise à mort comme un misé­rable…

Alors Jésus s’emploie à rassurer ses « petits enfants », comme il dit. Comment le fait-il ? Tout d’abord et avant tout, en leur offrant l’étonnante révélation qu’il est, lui-même, Dieu avec eux. Gardez confiance, leur dit-il. « Vous qui croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Croire en Dieu, c’est croire en moi, affirme-t-il, car je suis moi-même la Parole de Dieu, la Parole faite chair…   Jn 1.14

À plusieurs reprises déjà, Jésus avait révélé sa véritable identité, si l’on peut dire… Il avait révélé qu’il n’est pas seulement l’envoyé de Dieu, mais la venue de Dieu lui-même. L’affirmation était moins directe cependant, et comprise surtout des pharisiens et des scribes, des théologiens qui, dès lors, « cherchaient à le faire mourir, parce qu’il se faisait l’égal de Dieu », témoigne Jean.         Jn 5.18 ; 8.58-59 ; 10.30…

Mais ici, dans l’intimité du cénacle, de l’Église en train de naître, la révélation se fait directe, personnelle, inévitable : « Celui qui m’a vu, a vu le Père. »

Dans nos pays de culture – sinon de foi – chrétienne, et pour les chrétiens catéchisés dès l’enfance depuis des générations, dire que Jésus est Dieu peut sembler une évidence, qui n’étonne plus… On peut même en venir à penser que ce n’est pas l’essentiel, que ce qui compte, c’est le bien que Jésus a fait, plus que ce qu’il est… C’est une erreur, un égarement.

Réalisons que pour les disciples de Jésus, comme pour tous les juifs, l’idée de voir Dieu, de parler avec Dieu, est inimaginable. « L’homme ne peut me voir et vivre », affirme la loi de Moïse. L’idée que la gloire divine s’unisse à la chair mortelle est proprement impensable, et même abominable. En appelant ses disciples à croire en lui comme ils croient en Dieu, Jésus commet un blasphème passible de mort. C’est pourquoi le judaïsme l’a rejeté en tant que Messie. Et l’Islam tout entier n’est rien d’autre que le rejet radical de la divinité de Jésus, blasphème contre l’unicité de Dieu.     Ex 33.20

Au moment de quitter ses disciples, Jésus donc leur révèle ouvertement la plénitude de sa divinité. Non pas pour leur en imposer, mais pour qu’ils gardent confiance, malgré ce qui va se passer et mettre le comble au blasphème… La croix. Dieu mis à mort !

Les disciples ont-ils saisi l’incroyable révélation ? En tout cas, ils ne protestent plus, ils n’expriment plus d’inquiétude ni de révolte… Ils écoutent maintenant, apaisés. Parce qu’en en entendant la révélation de leur Seigneur, ils ont entendu la révélation de leur salut. Écoutons-la, nous aussi…

 

Si je m’en vais, ce n’est pas pour vous quitter, mais pour être plus encore avec vous. Car je vais préparer votre place dans la maison de mon Père. Pourquoi Jésus appelle-t-il « maison du Père » le royaume de Dieu ? Parce que, révèle-t-il, le royaume de Dieu c’est votre foyer, votre véritable foyer. Vous y êtes chez vous. Vous y avez votre demeure, votre véritable demeure. Car « vous n’êtes pas nés de la chair et du sang », pour mourir, « mais de la volonté de Dieu », pour vivre. Vous n’appartenez pas au monde, mais à l’amour qui a créé le monde. Votre nature, votre vocation, ce n’est pas mourir du péché, mais vivre par l’amour. Et moi, je suis l’amour venu vous chercher, vous sauver…      Jn 1.12 ; 17.16 ; 5.24

Quelle image étonnante de proximité, de fraternité, pour dire la rupture abolie par Jésus-Christ entre le monde et les cieux, entre les hommes et Dieu… Le gouffre est comblé, le péché pardonné, la condamnation graciée, vous pouvez revenir chez vous, chez votre Père, revenir à la vie, comme le fils prodigue. Car celui qui me reçoit « reçoit le pouvoir de devenir enfant de Dieu », de retrouver sa demeure, sa filiation véritable : l’amour éternel.       Luc 15.18-24, Jean 1.12

Après avoir préparé votre place, c’est-à-dire – les disciples ne le savent pas encore – lorsque j’aurai ouvert pour vous, à travers votre mort, le chemin de votre demeure, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, promet Jésus. Car je suis venu pour que « là où je suis, vous soyez vous aussi. »

« Je suis » signifie « Je suis Dieu », ce que Jésus est en train de révéler, ouvertement… « Là où je suis » – c’est un présent éternel – désigne donc le royaume de Dieu, la maison du Père. Je suis venu pour vous ramener chez vous, révèle Jésus, et chez vous, c’est l’amour du Père, c’est la création, l’œuvre de son amour.

Lequel des disciples, lequel d’entre nous, aurait pu imaginer une pareille révélation ? Le royaume de Dieu, l’éternité de Dieu, c’est chez vous, dit Jésus, et je viens vous rame­ner chez vous ! Avez-vous déjà entendu cela ? C’est l’Évangile ! Blasphème pour les uns, folie pour les autres, mais pour ceux qui sont appelés, puissance et sagesse de Dieu !        1 Co 1.23-24

Voilà pourquoi la divinité de Jésus-Christ n’est pas un point secondaire de la foi chrétienne, mais au contraire le socle essentiel sans lequel l’Évangile n’est rien ; rien de nouveau. Sans lequel la vie reste en Dieu, et le monde dans la mort.

Voilà pourquoi de même il n’y a plus lieu d’attendre, d’espérer de Dieu quelque faveur, pouvoir ou protection ; car beaucoup plus que cela, le temps est venu de recouvrer tout notre bien : notre place, notre vocation, dans l’amour venu nous délivrer. Le temps est révolu de craindre ou convoiter le monde ; le temps est venu de l’aimer. Non plus d’en mourir, mais de le faire vivre. Parce qu’il est l’œuvre de Dieu, et parce que l’œuvre de Dieu est notre demeure.

 

Cependant… Si Jésus est venu nous ramener chez nous, dans la maison du Père, pourquoi nous faut-il encore être dans le monde ? Pourquoi ceux qui croient en lui ne sont-ils pas tout de suite retirés de l’ombre de la mort ?

À cette question pressante, tant nous aspirons à ce que cessent les violences du péché et de la mort, le Seigneur répond par cette phrase : « Là où je vais, vous en savez le chemin. »

Thomas le réaliste pose alors la bonne question : « Nous ne savons pas où tu vas ! Comment en saurions-nous le chemin ? »

Mais si, répond Jésus à Thomas. Vous tous qui m’écoutez, vous connaissez le chemin qui mène à la maison du Père. Vous le connaissez, puisque vous me connaissez. « Je suis, moi, le chemin, la vérité et la vie. »

La réponse peut sembler énigmatique, mais elle est en vérité lumineuse. La maison de mon Père, explique Jésus, ce n’est pas un lieu en particulier, ce n’est pas un autre monde, en dehors de la création… Le royaume des cieux, c’est l’œuvre de son amour, partout où elle s’accomplit. La maison de mon Père, c’est la vie qui emplit le monde, infiniment. Et cet amour qui fait vivre, vous le voyez en moi. « Celui qui me voit a vu le Père »... En moi, vous voyez le royaume des cieux, vous voyez agir l’amour du Père, l’amour qui fait passer de la mort à la vie.      Luc 17.21 ; Jn 5.24

La maison de mon Père, révèle le Seigneur, ce n’est pas un autre lieu que celui où vous êtes, maintenant ; la maison de mon Père, c’est la vérité qu’aujourd’hui vous ne pouvez pas voir, à cause du péché qui déforme votre vision, qui lui enlève la lumière, la véritable lumière que vous pouvez cependant contempler en moi, en l’œuvre que j’accomplis dans le monde, que j’accomplis en tous ceux que j’appelle à moi.     Jn 1.9

« Je suis le chemin » ne signifie pas : Je suis le chemin pour quitter le monde, mais : Je suis le chemin pour apporter au monde le salut de Dieu. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » signifie : je suis l’amour qui vient dans le monde, l’amour qui révèle le monde comme la création de Dieu, l’amour qui fait du monde une expansion de vie.

Ceux qui croient en Jésus-Christ, qui croient que la vérité est en Jésus-Christ, ceux-là habitent déjà la maison du Père, participent déjà au royaume des cieux, à la vie qui emplit le monde, même s’ils n’y participent encore que par la foi et non par la vue, parce qu’il faut aller chercher dans l’ombre de la mort ceux qui y sont encore perdus…

Et il n’y a pas, ajoute Jésus, d’autre chemin que moi. Nul ne vient au Père que par moi ; nul ne vient à la vie et nul n’apporte la vie si ce n’est par moi, par l’amour qui vient en moi, en moi seul…

Pas de relativisme religieux en Jésus-Christ ! Croire en Jésus-Christ, c’est croire qu’il est la parole de Dieu, et s’il est la parole de Dieu, il ne peut y avoir de vérité ailleurs qu’en lui. Car il n’y a qu’un seul Dieu qui, bien sûr, n’a qu’une seule Parole, qui est toute la vérité et l’unique source de toute véritable connaissance. La Parole de Dieu ne peut pas être une vérité parmi d’autres vérités. Soit Jésus-Christ est la parole de Dieu, et il est alors toute la vérité, soit il n’est pas la parole de Dieu, et il n’est rien qu’un mensonge parmi tous les autres.

Et la vérité révélée par Jésus-Christ, c’est que quiconque l’écoute entend sa vie ramenée à l’amour, enlevée à la mort à laquelle le condamnaient les autres vérités qui ne sont rien. Celui qui écoute Jésus-Christ entend que la vérité n’est pas la mort, mais l’amour, et qu’il ne vit pas pour mourir, mais pour aimer.

Nul n’entend cette vérité que par Jésus-Christ. Nul ne vit cette vérité que par Jé­sus-Christ. Vous qui m’écoutez, dit le Seigneur, vous connaissez le Père, car je suis son amour qui vous parle, son amour qui vous cherche, son amour qui vous sauve.

« Montre-nous le Père ! » demande alors Philippe. Nous connaissons la suite. Je suis dans le Père, et le Père est en moi, répond Jésus. Son amour s’accomplit en moi, et j’accomplis en vous l’œuvre de son amour.

 

Si vous avez de la peine à me croire sur parole, ajoute Jésus, à croire que je suis Dieu parmi vous, que je suis parmi vous l’œuvre de Dieu, croyez à cause de mes œuvres, à cause des miracles qui ont jalonné notre parcours : des vies réjouies, rassasiées, sauvées, guéries, ressuscitées… Là où je marche, là où je parle, la mort recule. L’avez-vous vu ?

Pouvons-nous de même soutenir notre foi en considérant ce que l’annonce de l’Évangile a accompli dans le monde ? Là où il a été reçu, la paix, la liberté, la connaissance, la créativité, la fraternité ont-elles grandi ? La rivalité, la peur, l’ignorance, la violence, la souffrance ont-elles reculé ? Autres paroles se disant vérité ont-elles produit des fruits comparables ? Si une seule est la vérité, laquelle écouterons-nous ? Dans laquelle nous engagerons-nous ?

Et vous pourrez d’autant mieux constater l’œuvre de ma parole, promet Jésus, que vous ferez, vous-mêmes, les œuvres que je fais, et même de plus grandes ! Les disciples ne sont pas au bout de leur étonnement… Quelle promesse stupéfiante ! Vous ferez les œuvres de Dieu, au-delà de ce que Dieu lui-même a fait parmi vous… Cela signifie-t-il que nous ferons, par la foi, mieux que Jésus ? Non, bien sûr. « Vous ferez de plus grandes œuvres que moi » signifie : vous serez mes apôtres dans le monde entier. Le salut que j’ai semé de Galilée à Jérusa­lem, vous le sèmerez jusqu’aux extrémités de la terre. Jusqu’aux extrémités de la terre, vous apporterez le royaume des cieux.

 

Vient alors une autre promesse, qui n’est pas la moindre ! Tout ce que vous demanderez en mon nom, dit Jésus, je le ferai… Une promesse qui nous laisse peut-être un peu ébahis… Ce fut probablement le cas des onze eux-mêmes, car il faut que Jésus la leur répète…

Une promesse qui s’adresse, bien sûr, à la foi. À ceux qui appartiennent au royaume, à l’œuvre de Dieu. Une promesse qu’il faut donc veiller à entendre par la foi, et non par la chair et ses convoitises, jamais rassasiées…

Il nous faut veiller, autrement dit, à entendre cette promesse selon le salut de Dieu et non pas selon le péché… Le péché qui s’empressera de faire entendre que, parce que Jésus-Christ nous a choisis, nous pourrons obtenir de lui tout ce que nous désirons, comme d’une inépuisable lampe merveilleuse ! Pour le péché, « demander en mon nom » devient « demander par mon nom », ce qui fait du nom de Jésus-Christ une sorte de formule magique, de corne d’abondance.

Reconnaissons-le, c’est tentant. Et beaucoup ont succombé à cette tentation… Et pourtant, nous avons tous expérimenté que cela ne marche pas ! Que nous n’obtenons pas de Dieu l’exaucement de tout ce que nous lui demandons. Fut-ce même ce que nous demandons par générosité ou compassion envers autrui.

Mais alors, que promet Jésus ?

Commençons par nous rappeler qu’il adresse cette promesse à ceux qu’il a appelés pour être, non pas ses enfants gâtés, mais les serviteurs de son œuvre de salut. Des serviteurs qui ont déjà tout reçu de leur maître ; des serviteurs auxquels il ne dit pas qu’il donnera tout ce qu’ils demanderont, mais qu’il fera tout ce qu’ils demanderont en son nom, et afin que le Père soit glorifié en lui.

On ne peut donc comprendre la promesse si l’on ne tient pas compte de ce que signifie « en mon nom », de ce que signifie le nom de Jésus-Christ ; et c’est simple : le nom de Jésus-Christ signifie le salut de Dieu. L’amour du Père à l’œuvre. Quant à la gloire du Père, elle n’est autre que le salut de ses enfants.

Ce que nous demanderons en Jésus-Christ signifie donc ce que nous demanderons pour le témoignage de son nom, pour faire les œuvres qu’il a faites, pour que d’autres vies soient repêchées, ramenées à la maison du Père.

Ce que nous demanderons en Jésus-Christ signifie donc ce que nous demanderons, non pas comme une faveur personnelle ou comme la récompense – déjà reçue – de notre fidélité, mais pour l’accomplissement de notre mission au service de ceux qui meurent encore. C’est pourquoi Jésus ne dit pas qu’il nous donnera, mais qu’il fera ce que nous demanderons en son nom, pour le témoigner son nom.

Peut-être serons-nous un peu dépités de devoir renoncer à quelques faveurs particulières, parce que le monde est dur, qu’il nous fait peur, qu’il nous fait mal… Mais nous ne pouvons pas sérieusement entendre autrement la promesse de Jésus. Rappelons-nous la promesse précédente…  Vous ferez les œuvres que je fais, et même de plus grandes. Vous participerez à l’œuvre du salut de Dieu, dans le monde entier. « Ce que vous demanderez en mon nom » ne peut donc signifier autre chose que « ce que vous demanderez pour faire les œuvres que j’ai faites », pour faire entendre mon salut à votre prochain, et même à votre ennemi, en espérant qu’il en soit sauvé et comblé, comme vous l’êtes…

Cela, je le ferai. J’en serai en vous la force et le courage.

N’est-ce pas, d’ailleurs, ce que Jésus lui-même nous a enseigné à demander ? « Voici, dit-il, comment vous devez prier : « Que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Que demanderons-nous à Dieu, s’il nous enseigne lui-même à demander que sa volonté soit faite ? Que son règne vienne, que son amour emplisse le monde ?                                    Mt 6.10

Cependant, nous avons en Jésus-Christ un ami solidaire et compréhensif. Il sait ce que le malin et le péché nous infligent ; il sait ce qu’il nous faudra subir en son nom, jusqu’à ce qu’il revienne, et que l’amour soit enfin tout en tous… Alors il ne nous reprochera pas nos supplications craintives, nos requêtes égoïstes… Ce que nous demanderons qui n’est pas sa volonté, qui n’est pas pour le témoignage de son nom, il ne nous le reprochera pas, ne nous en punira pas. Simplement, il ne nous l’accordera pas. Non sans nous en consoler, cependant. Car notre Père n’exige pas de ses enfants qu’ils se conforment en tout à sa volonté, mais par Jésus-Christ il leur apprend à le faire, avec la bienveillance de l’amour.

Paul lui-même demanda à Dieu, avec insistance, d’être guéri d’une douleur chronique, d’une « écharde dans sa chair ». Et Dieu lui répondit : « Ma grâce te suffit », mon salut te suffit. Au­trement dit : Il ne servirait pas à ton témoi­gnage que je t’exauce. Au contraire, cette douleur te préservera de t’enorgueillir devant ton prochain ; elle te rappellera que ton salut, c’est ma puissance dans ta faiblesse.     2 Co 12.6-10

 

Que cela, cependant, ne nous déçoive pas. Car Jésus a déjà fait pour nous bien au-delà de ce que nous aurions pu lui demander ! Il s’est livré à notre péché et notre mort, afin de nous emmener de la mort à la vie, de la condamnation à la maison du Père. Et pendant ce temps où nous accomplissons en son nom, jusqu’aux extrémités de la terre, les œuvres qu’il a faites ; ce temps où nous souffrons encore pour apporter aux captifs la libération ; en ce temps, nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas délaissés… Il est là ! Il est là, plus encore qu’avec nous : en nous. Il est en nous le chemin, la vérité et la vie ; l’amour éternel du Dieu vivant.     Ac 1.8 ; Luc 4.18

Seigneur, que toute notre vie et tout notre bonheur soient d’accomplir, en toi, l’œuvre de ton amour !

Ton amour qui m’appelle à lever les yeux, à suivre ton chemin, à trouver ma vie en en toi !

https://www.youtube.com/watch?v=CJtQS1zBs5s

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En  ce premier jour de la semaine, et pour ces jours à venir, prions pour

– Notre monde éprouvé, apeuré, endeuillé ; que les cœurs se tournent vers celui qui – est le chemin, la vérité et la vie, l’œuvre éternelle de l’amour

– Le déconfinement qui s’engage demain dans notre pays, et pour tous ceux qui ont la responsabilité de le mettre en œuvre, dans tous les domaines d’activité, au niveau national comme au niveau local. Qu’ils soient encouragés, éclairés dans l’exercice de leur responsabilité, et que nous leur soyons le soutien, le conseil dont ils ont besoin. Demandons au Seigneur d’éclairer leurs décisions, et de nous conduire, ensemble, au-delà de cette épreuve ; il le fera, en nous, comme il l’a promis.

– Tous ceux qui sont économiquement victimes du Covid-19 ; qu’ils puissent recevoir le réconfort et la solidarité dont ils ont besoin

– Tous les enfants et les jeunes qui ont subi plus que d’autres la fermeture des établissements scolaires, qui ont « décroché » du fait de leurs conditions familiales. Qu’ils puissent retrouver l’encadrement dont ils ont besoin.Pour la réouverture de nos Église, de nos célébrations. Qu’ils fassent bientôt résonner à nouveau autour de nous l’amour vainqueur de notre Dieu.…

– …

Le Seigneur a promis qu’il accomplirait, avec nous, l’œuvre de son amour, comme déjà il l’a accomplie en nous. Demandons-le-lui, à nouveau, avec confiance :

Notre Père qui es aux cieux…

 

Et complétons notre prière en mettant à part l’offrande de nos biens, afin qu’ils servent à l’œuvre du Royaume, à l’édification de la maison du Père

 

Christ est vainqueur ! Il est notre salut, et le salut du monde !

Il est en nous le chemin, la vérité et la vie

La liberté glorieuse des enfants de Dieu

Règne en nous, Seigneur ! Que tout ce nous sommes célèbre son amour !

https://www.youtube.com/watch?v=8cklbg_ZdrU

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