Deux d’entre eux allaient à Emmaüs…

3 mai 2020

« L’Éternel est mon berger

Je ne manquerai de rien

Il me fait reposer dans de verts pâturages

Il me dirige près des eaux paisibles

Il me conduit dans les sentiers de la justice

À cause de son nom

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort

Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi… »  Psaume 23.1-4

 

Le nom proclamé, annoncé par David, comme le nom de la justice de Dieu, comme le nom qui lui donne la paix devant la mort, c’est le nom du Dieu sauveur, le nom de Jésus.

Il est la justice de Dieu, la grâce de Dieu qui enlève le péché du monde, qui apporte la lumière dans les ténèbres, le salut dans la condamnation.

En lui, nous avons connu que notre Dieu n’est pas le Dieu qui condamne, mais le Dieu qui sauve tous ceux qui se tournent vers lui, tous ceux qui en appellent à son salut, tous ceux qui n’espèrent qu’en sa seule fidélité.

La vallée de l’ombre de la mort, c’est aujourd’hui pour le monde le fléau du Covid-19, ce virus tueur libéré par l’ennemi…

Mais dans cette épreuve, notre force et notre paix, c’est la justice de Dieu ; c’est Jésus-Christ, parce qu’il a déjà vaincu pour nous le péché qui nous avait condamnés, la mort qui nous avait enfermés.

Avec lui, nous ne manquons de rien, parce qu’il nous a donné tout son amour et jusqu’à sa vie dans notre mort, jusqu’à sa mort pour notre vie…

Nous ne manquons de rien, parce qu’il est avec nous jusqu’à la fin du monde, jusqu’à ce que la mort ne soit plus !

Voilà pourquoi, dans cette épreuve, nous chantons à Dieu, à nouveau, notre louange… Parce qu’il sauve par sa droite et par son bras qui est saint.

Parce qu’il a fait connaître son salut, et révélé sa justice aux yeux des nations. Parce que toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu.

Lance une joyeuse clameur vers l’Éternel, terre entière ! Faites éclater vos acclamations et psalmodiez ! Psalmodiez en l’honneur de l’Éternel avec la harpe !

Avec la harpe, au son des psaumes, avec des trompettes et au son du cor, lancez une clameur devant le roi, l’Éternel !

Que la mer retentisse avec tout ce qui la remplit, le monde et ceux qui l’habitent

Que les fleuves battent des mains, qu’ensemble les montagnes lancent des acclamations devant l’Éternel !

Car il vient pour juger la terre ; Il jugera le monde avec justice, et les peuples avec droiture. »

Ps 98

Oui, Dieu est venu, en Jésus-Christ, apporter la délivrance, comme il l’avait promis…

Chantons le nom de notre salut, la royauté de son amour dans notre vie !

https://www.youtube.com/watch?v=hXICXJUzBnk&list=RDhXICXJUzBnk&index=1

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Dans l’Évangile selon Luc, 24.13-35, lisons cet autre récit de la révélation du Ressuscité à ses disciples…

« Et voici que ce même jour (le premier de la semaine), deux d’entre les disciples de Jésus allaient à un village nommé Emmaüs, éloigné de Jérusalem d’une dizaine de Kms, en s’entretenaient de tout ce qui s’était passé.

Pendant qu’ils s’entretenaient et discutaient, Jésus s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Et ils s’arrêtèrent, l’air attristé.

L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui séjourne à Jérusalem et ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ?

Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui s’est produit au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment nos principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié !

Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël, mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces événements se sont produits…

Il est vrai que quelques femmes d’entre nous, nous ont fort étonnés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et, n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont déclaré qu’il est vivant.

Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu.

Alors Jésus leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte et entrer dans sa gloire ?

Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.

Lorsqu’ils furent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin.

Il entra, pour rester avec eux. Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna.

Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?

Ils se levèrent à l’heure même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les onze et leurs compagnons, qui leur dirent : Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon.

Ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. »

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Ce même premier jour de la semaine, ce jour du tombeau vide, voici deux disciples de Jésus qui s’en retournent chez eux. L’un deux se prénomme Cléopas, l’autre, nous ne savons pas… Pas encore.

Plutôt que se cacher à Jérusalem, comme Thomas et ses frères, eux ont choisi de s’enfuir, sans traîner. Et ils le font en ressassant ce qui s’est passé : l’arrestation et la mort lamentable de celui qu’ils avaient suivi, de celui en qui ils avaient placé tous leurs espoirs…

Thomas et ses frères se sont confinés dans la peur ; Cléopas et son compagnon sont, eux, confinés dans le dépit. Enfermés dans l’amertume.

Certainement étaient-ils de ceux qui avaient bruyamment acclamé l’entrée de Jésus à Jérusalem, vous vous souvenez, seul sur son ânon… Maintenant, c’est la débandade. Le triste retour au point de départ, comme s’il n’y avait rien eu… Il faudra oublier tout ça, tous ces rêves qui semblaient se réaliser, et recommencer, comme avant… Le pourront-ils ?

Ce que ressentent les deux disciples, nous l’avons déjà ressenti peut-être dans notre vie ; lorsqu’un espoir exaltant a soudain laissé la place au vide, suffoquant… Lorsqu’un projet, un engagement, est devenu un échec ; lorsqu’une attente est restée sans réponse… Pourquoi ? Parce que ce n’était pas la volonté de Dieu ? Ou parce qu’en fait il n’y aurait pas de Dieu ? Que la chance ou la malchance.. ?

Cléopas et son compagnon, c’est l’image du deuil, de tous les deuils de ce monde, dans leur cruelle et injustifiable banalité. Les deux disciples expriment la vanité de l’espérance, l’espérance humiliée, parce qu’en fin de compte la mort a toujours le dernier mot.

D’ailleurs, qu’espéraient-ils au juste ?

Ils le disent à cet homme qui les rejoint en chemin, et qui n’est même pas au courant de ce qui les accable ! Terrible indifférence du monde à nos épreuves… N’as-tu pas donc pas entendu parler de Jésus de Nazareth, que nos chefs ont livré pour qu’il soit crucifié ? Nous le suivions, parce que nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël.

Délivrer Israël… Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier, pour ces « petites gens » comme on dit, ces villageois appelés par Jésus sur son chemin, tous bien éloignés des enjeux de pouvoir qui agitent les hautes sphères de Jérusalem…

Pour eux, « délivrer Israël » n’a aucune signification politique… Cela signifie : nous délivrer de souffrir. Nous délivrer des peurs et des violences que nous ne cessons de subir. « Nous espérions qu’il délivre Israël » signifie : Nous espérions qu’il nous mette – enfin – à l’abri des épreuves que les autres nous infligent – et que les autres subissent tout comme nous d’ailleurs… En un mot : nous espérions qu’il nous apporte le bonheur. Ne sommes-nous pas le peuple qui possède les promesses de Dieu, et donc le peuple qui a droit au bonheur ? Le bonheur pour nous de vivre et – puisqu’il le faut – de mourir paisiblement ?

En somme, les deux disciples n’espéraient pas autre chose que ce que beaucoup – tous ? – espèrent encore aujourd’hui : un pouvoir protecteur, divin ou autre, qui mette à l’abri des menaces de ce monde, comme le Covid-19…

En cela, l’espérance de Cléopas et de son compagnon n’était en fait rien d’autre qu’un fantasme de pouvoir : le pouvoir d’être heureux, dans un monde où les hommes sont malheureux ; le pouvoir de ne plus souffrir, dans un monde où les hommes souffrent ; le pouvoir de ne rien avoir à craindre, dans un monde où les hommes ont peur… Alors bien sûr, les voilà terriblement déçus. Le Messie qui devait régler leurs problèmes et réaliser leurs rêves a échoué, lamentablement. Le puissant protecteur qu’ils espéraient s’est avéré impuissant à établir son règne, à renverser les oppressions en place, à mettre son peuple à l’abri… Et pourtant, ils l’avaient vu accomplir tant de miracles, par sa seule Parole !

C’est dans ce désarroi que le Ressuscité vient les rejoindre. Il vient leur montrer que, s’ils s’étaient trompés d’espérance, ils ne sont pas trompés en le suivant ; leur montrer qu’il est bien plus que le faiseur de bonheur, le magicien qu’il espéraient – et que pouvaient-il espérer d’autre ? Car bien plus que de les protéger de souffrir, il est venu les sauver de mourir ; et bien au-delà du bonheur, il est venu leur offrir le salut !

 

Comment leur montre-t-il cela ? Comment les délivre-t-il de leur dépit, de leur deuil ? Comment les convainc-t-il que sa croix n’a pas été un échec, mais l’œuvre pour eux de sa toute-puissance ? Et comment nous convaincra-t-il, nous-mêmes, qu’il est notre Sauveur, malgré tout ce que la mort nous fait encore souffrir ?

La réponse à cette question tient en cette simple phrase, qui est le premier étonnement du récit : « Leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître… »

Le Ressuscité empêche ses disciples de le reconnaître. Pourquoi ? Là encore, la réponse est simple ; elle se déduit de ce que Jésus fait ensuite avec eux… S’il les empêche de le reconnaître, c’est parce qu’il veut leur parler, parler avec eux, leur expliquer…

Imaginons ce qui se serait passé, s’ils avaient tout de suite reconnu celui qu’ils suivaient, celui dont ils convoitaient tant… Ils seraient tout d’abord tombés à genoux d’émotion, puis ils l’auraient entouré d’acclamations, avant de rameuter la foule autour d’eux pour l’élever et le porter en triomphe à Jérusalem, afin d’y récolter contre ceux qui les poursuivaient les bénéfices de sa victoire ! Voilà ce qu’ils auraient fait, mais… est-ce qu’ils l’auraient écouté, comme ils vont le faire ? Et plus encore, est-ce qu’ils auraient-ils pris le temps d’étudier la Bible avec lui ? Certainement pas.

Mais Jésus-Christ, et c’est la Bonne Nouvelle, ne veut pas être ce dieu-là. Le dieu porté en triomphe, le dieu dont les uns se glorifient, contre les autres… Il ne veut pas être ce dieu-là, parce qu’il est le vrai Dieu. Non pas le dieu qui domine, mais le Dieu qui est amour ; il n’est pas le dieu qui met les hommes à genoux, qui les fait se prosterner devant lui jusqu’à terre, mais il est le Dieu qui relève ses disciples, pour marcher avec eux ; le Dieu qui veut être leur compagnon, ce qu’il sera d’ailleurs avec Cléopas et son frère… Le compagnon, celui qui partage le pain. Jésus n’est pas le dieu qui soumet, ni le dieu qui exauce la volonté de ceux qui l’acclament, mais le Dieu qui délivre les siens des convoitises de la peur pour les unir à sa volonté, à l’œuvre de son amour, son amour envers tous, car nul ne le mérite… Certes, il est Dieu, et nous sommes des hommes ; en lui est la vérité, et pas en nous. Mais la vérité le plus étonnante, l’Évangile qui se révèle sur le chemin d’Emmaüs, c’est qu’il a voulu, en Jésus-Christ, être notre frère. Et qu’il est ressuscité, non pas pour imposer sa puissance, mais pour l’offrir. Offrir sa victoire et sauver nos vies.

Voilà pourquoi Jésus empêche ses disciples de le reconnaître : parce qu’il ne n’est pas le dieu qui veut être acclamé, mais le Dieu qui veut être écouté. Parce qu’il ne veut pas être glorifié comme une idole, comme un pouvoir convoité contre le reste du monde, mais écouté avec confiance, comme on écoute un ami. « Je ne vous appelle plus serviteurs ; mais je vous appelle amis », avait-il dit juste avant la croix…     Jean 15.15

Je vous appelle amis… C’est pourquoi, avant de parler, Jésus écoute Cléopas et son frère. Il écoute patiemment ses amis, leur plainte, leur déception, puis il y répond, avec les remontrances un peu lasses mais toujours bienveillantes d’un bon maître…

Pourquoi restez-vous sourds à ma Parole ? Pourquoi n’étudiez-vous pas votre Bible, avec moi, plutôt que de vous plaindre infiniment des violences et des souffrances de ce monde ? Pourquoi n’écoutez-vous pas le don de Dieu pour vous, plutôt que lui ressasser sans cesse vos désirs insatisfaits ? Le don de Dieu ne comblera jamais vos désirs, parce que vos désirs sont dictés par la peur et la convoitise… Le don de Dieu, Jésus-Christ crucifié et ressuscité, c’est ce que vous ne pouviez pas désirer, ce que vous ne pouviez pas entendre, même si les prophètes vous l’annonçaient… M’avez-vous entendu, lorsqu’en chemin vers Jérusalem, je vous annonçais ma passion et ma croix ? Non ! Parce que vous n’entendez que vos désirs, qui vous condamnent à être malheureux, déçus, écœurés, comme vous l’êtes maintenant…      Luc 18.31-34

Le Ressuscité veut faire entendre à ses disciples qu’il est déjà pour eux tout ce que Dieu voulait leur donner : la vie éternelle, qu’ils ne pouvaient pas désirer, mais qui les délivrera de désirer quoi que ce soit d’autre désormais, si ce n’est de partager le salut de Dieu avec ceux que la mort enferme encore. « Vous êtes mes disciples, avait dit le Seigneur, si vous demeurez dans ma parole ; elle vous fera connaître la vérité, et la vérité vous rendra libres. » La vérité, c’est la vie éternelle ; et la liberté, c’est de n’avoir plus rien à convoiter ni à craindre du monde, mais tout à partager avec lui. Tout, c’est-à-dire le salut de Dieu. Cette liberté, cette mission, c’est déjà le Royaume, même si, pour un peu de temps, il faut encore souffrir, comme les autres ; pour les autres… Le bonheur, en Jésus-Christ, ce n’est pas ne plus souffrir ; c’est être sauvé de la mort.    Jean 8.31-32 ; 1 Pi 1.6

Lorsque le monde nous agresse, aveuglément, comme par cette épidémie Covid-19, lorsque l’adversité brise nos espoirs, abat ce que nous avons construit, lorsque la violence omniprésente nous fait douter du sens même de notre vie et nous enferme dans une amère résignation, écoutons l’appel du Seigneur, du Sauveur de Cléopas et de son frère – et si le nom de ce frère, c’était notre nom ? – Écoutons son appel à chercher et trouver dans sa parole la vérité, la puissance, le salut de son amour pour nous ; écoutons-le, cet amour, pardonner nos égarements, nos jugements, nos obstinations, nous en ressusciter et nous régénérer comme ses enfants, nés non pas pour que le monde nous tue, mais pour qu’avec Jésus, nous fassions vivre le monde !

 

Ces paroles, se disent les disciples, les brûlent intérieurement. C’est la brûlure de la grâce, qui consume en ceux qui l’écoutent tout ce qui n’est pas amour, tout ce qui est pour la mort. C’est la brûlure de la foi, cette conviction unique d’être aimé, et que c’est là l’essentiel… « Fais passer au creuset mes reins et mon cœur, priait David, libère-moi et fais-moi grâce ! Afin que ma vie redise tes merveilles… »    Ps 26

Alors Cléopas et son frère demandent à l’inconnu, qui les connaît si bien, de rester avec eux. Pour l’entendre encore leur faire du bien, les aimer… L’inconnu accepte, bien sûr. Jésus ne se refuse jamais à quiconque l’appelle, l’invite chez lui… Les disciples lui offrent l’abri pour la nuit, mais ils le savent déjà, c’est lui la lumière dans leur nuit…

Ils se mettent alors à table, et voici que l’inconnu prend du pain, bénit Dieu, puis le leur partage… Il est chez eux, mais c’est lui qui les nourrit. Alors ils le reconnaissent, mais aussitôt il disparait de devant eux…

 

C’est le second étonnement du récit, sans doute aussi révélateur que le premier… Pourquoi Jésus se fait-il reconnaître à ce moment ? Et pourquoi disparaît-il sitôt après ?

En reconnaissant Jésus, Cléopas et son frère réalisent soudain que la mort de Jésus n’est pas cette défaite qui les affligeait, mais qu’elle est le don de Dieu venu combattre leur propre mort ; ils réalisent soudain que ce don de Dieu, le sacrifice de son Fils, est pour eux le pain de vie, le pain qui nourrit en eux la vie éternelle, la grâce qui consume en eux la condamnation du péché. Ils réalisent soudain que la mort de Jésus est en eux la victoire de son amour, car bien plus qu’un prophète puissant, il est pour eux, avec eux, en eux, le Dieu Vivant, l’amour éternel.  Jean 6.32-58

Et c’est pourquoi Jésus disparaît, aussitôt… il disparaît, parce qu’il n’est plus à côté de ses disciples seulement ; il disparaît parce que, beaucoup plus qu’avec eux, il est en eux désormais ; il est en eux la foi, l’amour vainqueur, leur vie ressuscitée, libérée ; il est en eux la Parole qui les convainc de leur salut, face au monde encore défiguré des violences du péché, face au monde auquel le Ressuscité les envoie maintenant annoncer la libération, partager le pain de vie.

Oui, si le Seigneur disparaît de devant ses disciples, c’est pour que son repas ne demeure pas un rituel privé, dans le cercle restreint de quelques-uns, mais qu’il soit une table ouverte, dressée par nos mains pour y inviter le monde, pour nourrir le monde du salut de Dieu. Et il n’en manquera jamais. Le seigneur a déjà multiplié les pains !

« Ce n’est plus moi qui vis », écrit Paul, un autre frère de Cléopas, lui aussi rejoint par le Seigneur sur un chemin de mort… « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi, et ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui s’est livré lui-même pour moi… » La mort du Seigneur est mon salut ! Ma vie est la victoire du Seigneur ! Je n’appartiens plus à la mort, mais à l’infinie créativité de son amour, à sa lumière qui emplit les ténèbres ! Je marche et j’agis par l’espérance qu’aucun ennemi ne pourra plus éteindre… Avons-nous été saisis d’une telle libération ?               Ga 2.20

Elle s’est saisie de Cléopas et de son frère, qui préfigure une multitude de frères… Et les voilà qui ne convoitent ni ne regrettent plus rien à présent, comblés du salut qui s’est révélé à eux, mais qui brûlent seulement de le partager autour d’eux… Alors ils font demi-tour, convertis du deuil à la joie, de la peur au salut, de l’échec à la foi, et ils repartent dans le bon sens, non plus vers la mort, mais dans la vie ! Ils retournent à Jérusalem, ils reviennent au lieu de la victoire, au lieu d’où rayonnera la victoire, le témoignage au monde du salut de Dieu, le partage au monde du pain de vie.     Ro 8.29

 

Oui, si le frère de Cléopas n’est pas nommé, c’est parce qu’il porte ton nom ; c’est parce que le Sauveur est venu pour toi aussi. Est-ce que la vie à toi aussi te semble un chemin d’absurdité, où il est vain d’espérer autre chose que de mourir le moins mal possible… Ou bien, est-ce que ta foi s’épuise sous les blessures et les moqueries du malin ? Alors ce récit est pour toi… Pour que tu écoutes Jésus te rejoindre et te dire, te convaincre, que ta vie n’est pas une absurdité, mais que tu es l’œuvre de Dieu ; que ta vocation n’est pas la mort, mais la liberté glorieuse des enfants de Dieu ; que Jésus est le Fils de Dieu venu dans le monde pour te ramener de la mort à la vie ; qu’il est mort sur la croix, non pas parce qu’il a échoué, mais parce qu’il t’a aimé, jusqu’au bout, jusqu’à mourir avec toi pour que tu renaisse avec lui, dans l’œuvre infinie de son amour…            Ro 8.21

Écoute-le, avec Cléopas, consumer en toi le mensonge et l’accusation de l’ennemi, celui qui te dit indigne de Dieu… Écoute-le te nourrir de sa grâce, de sa victoire et t’emmener dans ton salut. Écoute-le te donner ce que tu n’imaginais même pas recevoir ! Alors toi aussi tu te réjouiras de témoigner : Oui, le Seigneur est réellement ressuscité, et il m’est apparu, comme à Simon… En lui, je le crois, je ne mourrai pas, mais je vivrai !                                        Ps 118.17

Veux-tu être le frère de Cléopas ?

 

Chantons la fraternité de notre Sauveur, notre lumière !

https://www.youtube.com/watch?v=f2JZlfr0hzE

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En  ce premier jour de la semaine, et pour ces jours à venir, prions pour

Notre monde éprouvé, apeuré, endeuillé ; que les cœurs se tournent vers celui qui est le libérateur, la solution à tous les fléaux du malin, à toutes les douleurs qu’il inflige

Tous ceux qui se perdent dans des chemins de désespoir, de fatalité…  Qu’ils puissent entendre la voix du Ressuscité les rechercher, les ramener de la mort à la vie

Notre Église, notre Fraternité ; que dans ce temps de séparation de corps, l’Esprit de Dieu renforce notre unité dans la foi et dans la mission que le Seigneur nous a confiée ; qu’il ravive en chacun de nous la joie d’être son disciple

Notre gouvernement et tous les gouvernements du monde, dans l’immense responsabilité qui est la leur aujourd’hui, et particulièrement dans la difficile et sensible mise en œuvre du déconfinement ; que l’Esprit de Dieu éclaire et soutienne leurs décisions, qu’elles puissent être les meilleures possibles, les plus efficaces et les plus justes, et que nous puissions leur être le conseil et le soutien dont ils ont besoin ; qu’envers eux, comme envers tous, nous ne soyons pas de ceux qui accusent, mais de ceux qui s’engagent, comme le Seigneur s’est engagé pour nous

Tous ceux qui souffrent pour toutes autres raisons que le Covid 19 ; qu’ils ne soient pas oubliés, délaissés ; en particulier, les personnes et familles confrontées à des situations de handicap, à des violences intra-familiales, à des accidents de la vie,

Les pays aujourd’hui menacés dépourvus d’équipements sanitaires proportionnés à la menace, particulièrement en Afrique,

Prions que Ressuscité suscite entre tous la solidarité qu’il nous a lui-même manifestée, jusqu’au bout. Afin que ceux qui sont seuls, démunis, tous ceux qui ont besoin d’assistance, ne souffrent pas davantage encore de cette situation,

Et ne nous relâchons pas à concrétiser notre prière, tous ces jours à venir, en exprimant le lien et la vigilance fraternels entre nous et envers ceux que le Seigneur nous confie…

Le Seigneur nous a partagé le pain de vie, son sacrifice de son amour pour nous, afin qu’avec lui nous portions fassions le bien qu’il a fait pour nous ; afin qu’avec lui nous puissions prier, en Esprit et en vérité :

Notre Père qui es aux cieux…

 

Et complétons notre prière en mettant à part l’offrande de nos biens, afin qu’ils servent l’annonce du salut de Dieu, le partage de notre libération à tous ceux qui n’ont pas d’espérance !

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Il n’y a maintenant plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ; et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, par la foi, celui qui a ressuscité le Christ-Jésus donnera aussi la vie à vos corps mortels, pas son Esprit qui habite en vous !  Ro 8. 1, 11

Alléluia ! Christ est vainqueur ! Il est notre salut, et le salut du monde !

Il s’est donné à nous comme le pain de vie, nourriture pour la vie éternelle !

Il est en nous désormais l’infinie liberté de vivre et célébrer son amour !

Chantons à sa gloire !

https://www.youtube.com/watch?v=FcTwOzbKgTo&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3pVT59uPrFowzuvLlQgqP30Y9usoPzNXKtRifLflz3lCQ9KbZz0ltKr-8

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