Difficultés et tensions dans le ministère pastoral

4 janvier 2019

Il m’a été proposé de prendre part à cette table ronde pour « témoigner, à partir de mon expérience pastorale, des principales difficultés et tensions que je ressens aujourd’hui dans mon ministère. » Quelques mois plus tard, en février, j’ai lu dans Nuance que « j’apporterai le témoignage d’un pasteur de terrain ayant exercé dans des contextes urbains et ruraux divers ».

J’ai donc proposé d’apporter le « témoignage d’un pasteur sur les principales difficultés et tensions ressenties dans son ministère, à partir de son expérience dans divers contextes urbains et ruraux ». Ce qui a été aimablement accepté.

La longueur de cet intitulé pourrait faire craindre le pire quand au respect du temps qui m’est imparti… Mais cette crainte n’a pas lieu d’être, premièrement parce que, selon moi, ces difficultés et tensions sont ne sont en fait qu’une seule difficulté et tension – et je réunis d’emblée ces deux termes dans le seul terme « obstacle » ; deuxièmement parce que, de par mon expérience,  ce seul obstacle au ministère pastoral est le même quel que soit le contexte, l’époque et la personne.

Cependant, je ne veux pas parler à partir de cet obstacle dont je vais témoigner, mais à partir de Jésus-Christ. Et en Jésus-Christ il y a des épreuves, mais il n’y a pas d’obstacle qui tienne si l’on reste fermement attaché à lui, si l’on reçoit de lui et de lui seul la vérité qu’il nous confie d’annoncer, et l’énergie pour le faire. Autrement dit, Le Saint-Esprit.

C’est pourquoi, avant de vous parler de difficulté, de tension, d’obstacle,  je veux  témoigner et affirmer ma joie d’être chrétien et pasteur, prédicateur de l’Évangile. Et quelle que soit la rudesse de l’obstacle dont je vais témoigner, il ne peut pas atteindre en nous la joie de vivre et d’annoncer le salut en Jésus-Christ, si nous restons nous-mêmes fermement attaché à ce nom, c’est-à-dire à la vérité qu’il nous révèle et au chemin qu’il nous trace, à la vie possible qu’il nous offre.

En fait, j’aimerais ne parler que de cette joie, mais comme elle m’impose de ne pas contrarier les organisateurs de cette table ronde, je vais en venir à ce qui, selon ma modeste expérience, peut  faire obstacle au ministère pastoral ;  ministère pastoral que j’entends le ministère de la parole, de l’annonce et de l’enseignement de l’Évangile. C’est l’essence de ce ministère, qui est en cela symbolique de toute l’Église, à l’image de Pierre, premier prédicateur et pasteur de l’Église et symbole en soi de sa mission.

J’y viens, à cet obstacle, en écartant tout d’abord deux fausses pistes, deux obstacles présumés qui en vérité n’en sont pas – et c’est pourquoi le malin aime à les étaler devant nous, pour que nous perdions notre énergie à nous en lamenter, en vain.

 

Première fausse piste : l’obstacle humain dans l’Église. C’est-à-dire et pour aller droit au but : les manifestations du péché dans l’Église, laquelle, nous le savons, n’est pas le royaume et n’échappe pas en son sein aux manifestations du péché, c’est-à-dire aux volontés et aux conflits de pouvoir.

La façon dont peuvent se manifester, dans l’Église comme ailleurs, les volontés et les manœuvres de pouvoir, plus ou moins conscientes d’ailleurs, sont tellement innombrables que je renonce à toute description. Si ces réalités complexifient évidemment le ministère pastoral – et pas que -, ce n’est pas cependant ce qui lui fait obstacle, ce n’est pas cela le problème ; pour ces deux simples raisons que, d’une part, le péché est un paramètre non pas accidentel, mais structurel au monde auquel l’Église participe, et d’autre part que les pasteurs eux-mêmes n’en sont pas épargnés. Ou qui prétendra que le pasteur ne participe pas à la comédie humaine du pouvoir, autrement dit qu’il n’est pas un pécheur parmi les autres ? Pour ma part, je ne prétendrai pas une telle chose.

C’est pourquoi je me refuse, en tant que pécheur et pasteur, à considérer que des frères et des sœurs dans la foi, dans l’Église, puissent constituer un obstacle à l’exercice de mon ministère ; tout en sachant qu’ils constitueront, comme moi-même d’ailleurs, un problème permanent. S’ils sont là, chacun avec son  charisme, c’est par le fait du Seigneur. C’est pourquoi d’ailleurs je refuse d’admettre la prépondérance du critère psychologique dans le discernement et l’évaluation des ministères. Seul compte le discernement.

Le péché, c’est en nous tous la tentation d’être capable d’avoir raison sans Jésus-Christ et donc sans nos frères et sœurs, tentation toujours à l’affut du bon mauvais moment pour resurgir. Alors, que l’Église elle-même pose problème à l’annonce de l’Évangile, que les chrétiens soient les uns pour les autres une joie et un problème tout aussi permanents, cela se vérifie depuis la Pentecôte et il en sera ainsi tant que nous demeurerons à la fois justes et pécheurs, jusqu’au retour de notre Seigneur.

L’Esprit-Saint le sait d’ailleurs, et le dit à l’Église, qui se dote au niveau paroissial comme synodal de structures chargées de traiter en permanence ces manifestations, d’intervenir en médiation, voire en opposition, face aux volontés de pouvoir, aux transgressions à la soumission mutuelle des ministères. Ces structures peuvent certes se montrer défaillantes ou partiales, pour quantité de raisons. Mais les conséquences, dans ce cas, affectent bien plus que le seul ministère pastoral.

 

Seconde fausse piste : l’obstacle sociologique, ou  plus exactement sociétal – c’est le terme désormais approprié…

On pointe la déchristianisation de notre société, sa sécularisation croissante et aujourd’hui à peu près intégrale, et dont la conséquence est un principe de laïcité de plus en plus hypertrophié, que nous appelons laïcisme, et qui entend confiner l’expression religieuse dans les lieux religieux.

Bien sûr, cela complique la tâche des pasteurs, qui ont mission d’emmener une Église locale à témoigner l’Évangile dans la société alentour. Et cela d’autant qu’eux-mêmes sont de moins en moins, sinon plus du tout considérés comme des acteurs de la vie locale, mais au contraire comme représentant en soi d’une expression religieuse qu’il convient de mettre à l’écart de la vie publique.

En deux mots : nous ne sommes plus en chrétienté, et les pasteurs ne sont plus des notables. Est-ce là l’obstacle à leur ministère ?

Là encore, non. Car la résistance du monde à l’Évangile est elle aussi structurelle et non accidentelle. En réalité, c’est l’état de chrétienté qui est accidentel et surtout trompeur et nuisible à l’Église, qu’il travestit en fonctionnaire de l’ordre public au lieu de serviteur du règne de Dieu, auquel aucune société même chrétienne ne peut se conformer.

L’idée que le monde puisse aider l’Église à témoigner l’Évangile est un leurre inspiré par cette idée de chrétienté, idée qui peut être pertinente d’un point de vue historique et sociologique, mais idée tout à fait illusoire d’un point de vue évangélique et dommageable à l’Église par la confusion qu’elle établit entre le monde et le royaume. Jésus lui-même nous a mis en garde contre cette confusion, contre toute requête de reconnaissance sociétale : Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait – vous aiderait -, mais parce que vous n’êtes pas du monde, le monde a de la haine pour vous. Jn 16.19

En fait, la chrétienté, depuis la Pentecôte et jusqu’au retour du Seigneur, ne peut être que l’Église, qui doit veiller à ne pas jeter ses perles aux cochons, à ne pas requérir l’assistance du monde pour exercer sa mission, comme si l’Esprit Saint ne lui suffisait pas. Les pasteurs ont cette lourde tâche de le rappeler sans cesse aux Églises : vous n’êtes pas de votre région, vous êtes pour votre région.

L’obstacle au ministère pastoral, ce n’est pas donc les chrétiens et ce n’est pas non plus le monde, même si, en effet, les chrétiens et le monde sont une difficulté permanente pour l’annonce de l’Évangile. Mais reprocher aux chrétiens ou au monde de problématiser le ministère pastoral reviendrait à reprocher aux chrétiens d’être encore pécheurs et mortels et au monde de n’être pas encore le royaume. Une aberration à laquelle, malheureusement, nous ne consacrons que trop d’énergie. Ni le judaïsme (les frères), ni l’empire romain (le monde) n’ont aidé Jésus à être Jésus.

 

Alors… Qu’est-ce qui fait obstacle au ministère pastoral, et plus largement à l’évangélisation dont le pasteur est l’animateur –  je le répète indissociable de l’Église qu’il anime ?

Une seule chose. Il n’y a qu’un seul obstacle véritable au ministère pastoral, qui est le même depuis la Pentecôte et restera le même jusqu’au retour du Seigneur, qui le même en milieu rural ou urbain et quels que soient la culture et le niveau de développement économique ; cet obstacle, c’est l’ambiguïté doctrinale dans l’Église.

Cet obstacle, je l’ai expérimenté, je l’ai observé et subi dans l’Église où j’ai exercé mon ministère pendant 10 ans.

Qu’est-ce que l’ambiguïté doctrinale ? C’est le fait qu’une Église considère légitime, conforme à son témoignage, que l’on y confesse ou que l’on n’y confesse pas – que donc on y réfute – des éléments essentiels de la révélation évangélique. L’ambiguïté doctrinale ne concerne donc pas des éléments doctrinaux que l’on pourrait dire seconds, éléments ecclésiologiques notamment, tels la question du pédobaptisme ou du ministère féminin….

Quels sont ces éléments essentiels ? Ils sont en grande partie cités par le Symbole des apôtres et les confessions de foi issues des conciles œcuméniques de Nicée, Constantinople et Chalcédoine – auxquels on pourra rajouter les sola de la Réforme. Soulignons que ces confessions œcuméniques sont reconnues conformes à l’Écriture par la Réforme, dans ses propres confessions de foi.

Prenons comme exemple – il sera explicite – la foi en la résurrection corporelle de Jésus-Christ ; la foi en l’historicité concrète de sa résurrection et en la vie éternelle, tout aussi concrète, qui en résulte pour quiconque croit en lui comme le Fils de Dieu. L’essentialité de cet élément de doctrine, et plus encore de vérité, est affirmée par la Parole de Dieu elle-même, en 1 Co 15, que je cite en substance : Si Christ n’est pas ressuscité, et si nous ne ressuscitons pas en Jésus-Christ, alors notre foi et notre prédication sont vaines. 

L’ambiguïté doctrinale consiste, sur ce point particulier, à admettre que la résurrection de Jésus-Christ puisse ne pas être une vérité historique mais une vérité mythologique, qui signifierait par exemple la vocation de l’humanité à se transcender en se conformant à l’intégrité de Jésus dans l’amour, ou encore une vérité psychologique, non pas objective mais subjective, qui fait dire que la vérité de la résurrection c’est ce qu’elle signifie pour moi, selon moi ; non pas ce qu’elle me dit, mais ce qu’elle m’inspire.1

En quoi l’ambiguïté doctrinale est-elle un obstacle au ministère pastoral ? En cela qu’en effet, elle rend vaine la prédication de l’Évangile. Si je prêche tel dimanche en tel lieu que Jésus est vraiment ressuscité et qu’en lui notre mort est effectivement vaincue et notre vie effectivement rendue à la vie éternelle, et que le dimanche suivant au même endroit un pasteur de mon Église prêche que le mythe de la résurrection et de la vie éternelle signifie la grandeur potentielle de l’humanité et l’appel à réaliser cette grandeur,  à s’élever à son perfectionnement, il résultera de ces deux prédications ce que produit l’addition de deux opposés : 1 + (-1) = 0

L’ambiguïté doctrinale annule la prédication de l’Évangile, qui ne peut supporter la moindre relativisation de ses vérités première comme, outre l’historicité de la résurrection, la pleine divinité de Jésus-Christ jusque dans la mort, ou encore que Jésus-Christ est le Sauveur du monde, et non pas un sauveur parmi d’autres dans d’autres religions ou cultures…

Voilà quel est le seul obstacle, et plus encore, la seule adversité véritable contre le ministère de la parole.  Comment exercer encore ce ministère dans une Église qui admet la remise en question de telles vérités évangéliques ? Quand bien même cette Église admet aussi, ou tolère encore, de par l’ambiguïté doctrinale, les thèses véritables, tout son témoignage est affecté, annulé, car un peu de levain fait lever toute la pâte – Ga 5.9. Peut-être cette Église pourra-t-elle quelque temps continuer à être protestante ; mais évangélique, c’est une toute autre affaire.

Précisons-le, cet obstacle du libre arbitre doctrinal face à la Parole est le chancre particulier du protestantisme, et il faut reconnaître que l’Église catholique, romaine ou orientale, est mieux armée contre cet obstacle que les Églises protestantes, grâce au garde-fou du magistère – qui n’a pas que des avantages. Cela devrait nous inspirer une humilité et une vigilance autocritique qui nous font par trop défaut. Nous ne reconnaissons certes que le seul magistère de la Parole de Dieu, la vérité sola scriptura – quoique l’autorité des conciles œcuméniques, rappelons-le, est confessée par nos Églises qui la reconnaissent conforme à la révélation biblique -, mais ce magistère exige de ne pas lire dans la Bible ce que nous voulons qu’elle dise, ce que notre raison voudrait y lire.

 

Enfin, l’obstacle de l’ambiguïté doctrinale est d’autant plus pernicieux qu’il est aujourd’hui validé, sinon valorisé, par la notion de pluralisme. Une Église caractérisée par l’ambiguïté doctrinale peut affirmer cette ambiguïté comme une qualité, et même une vertu, simplement en la qualifiant de pluralisme.

Or le principe de pluralisme n’est une vertu qu’en matière d’ecclésiologie, où il s’appelle l’œcuménisme, par lequel les chrétiens admettent aujourd’hui que des systèmes ecclésiologiques distincts concourent au témoignage de la vérité, que c’en est même une nécessité jusqu’au retour du Seigneur.

Par contre, en matière dogmatique, c’est-à-dire en regard des grandes vérités chrétiennes, le pluralisme est un piège destructeur contre l’annonce de l’Évangile, parce que la folie de Dieu ne peut qu’être trahie par la sagesse des hommes. Jésus n’a pas été pluraliste avec les pharisiens ; Paul n’a pas été pluraliste avec le légalisme de Pierre ; le concile de Nicée n’a pas été pluraliste avec l’arianisme ; Luther n’a pas été pluraliste envers le salut par les œuvres et la monarchie papale. Le serons-nous avec la remise en question de la résurrection historique du Seigneur ou de son unicité en tant que sauveur du monde, entre autres vérités premières de notre foi ?

Le problème posé par le pluralisme, c’est qu’il est devenu une idole du bien-penser contemporain, une valeur absolue dont la contestation et même la relativisation est perçue comme scandaleuse, voire blasphématoire ; quiconque s’y risque s’expose à un sévère retour de bâton, car le pluralisme est extrêmement intolérant envers ceux qui se refusent à la relativisation ou la subjectivisation de la vérité. Peut-être d’ailleurs ressentez-vous à cet instant comme un malaise de m’entendre remettre en question la valeur pluralisme ?

Or cette notion de pluralisme n’a de sens et de valeur qu’à la condition de définir précisément le champ dans lequel elle s’applique. Par exemple et pour ce qui nous concerne, le pluralisme est pertinent et bénéfique à l’Église en regard de questions secondes, comme – je répète – le pédobaptisme, le ministère féminin, l’œcuménisme, les sacrements, le sexe des anges…2 Mais le pluralisme est néfaste lorsqu’il s’applique aux grandes vérités évangéliques et particulièrement christologiques, qui ne sont d’ailleurs pas des questions , mais des solutions. L’Église cessera à l’avènement de la nouvelle Jérusalem, mais ce que Dieu a accompli en Jésus-Christ né de la vierge Marie, baptisé, crucifié, ressuscité, cela est éternel, de même que le salut que nous en recevons par la foi. Si ces vérités sont livrées dans l’Église au pluralisme et à son avatar, le principe de consensus3, alors il n’y a plus d’annonce possible de l’Évangile ; plus de ministère de la parole possible ; plus d’Église possible.

Une telle idéalisation du pluralisme consensuel produit en effet la neutralisation de la fonction doctrinale – ou théologique – essentielle au ministère de la Parole, neutralisation qui laisse l’Église sans défense contre l’ambiguïté doctrinale et l’altération de son témoignage par des évangiles qui ne sont pas l’Évangile – Cf. Ga 1.6-9. Il en résulte par ailleurs, dans les Églises qui se réclament du pluralisme consensuel – c’est-à-dire qui de fait se réclament de l’ambiguïté doctrinale -, que le bon pasteur, c’est le pasteur qui s’entend bien avec tout le monde ; le pasteur dont la prédication convient à tous. L’homo consensualis. Le fait d’entrer en débat, voire en opposition théologique, d’oser dire que l’on considère que telle option théologique est étrangère à l’Évangile et incompatible avec l’annonce de l’Évangile, que donc sa libre prédication dans l’Église fait obstacle au ministère de la Parole, c’est-à-dire à l’Église elle-même, cela sera considéré comme un manquement à l’idéal et au devoir de pluralisme consensuel, lequel manquement produira un diagnostic d’incompatibilité psychologique à la fonction pastorale.

Je vous confie avoir expérimenté à mon encontre un tel diagnostic, et que ce diagnostic me poursuit avec ténacité. Mais je ne le regrette pas, car je préfère proclamer que Jésus-Christ est vraiment ressuscité. Je préfère rester pasteur.

Et je suis reconnaissant qu’il me soit donné de rendre ce témoignage au sein du synode de l’UNEPREF, qui s’est précisément constituée par refus de l’ambiguïté théologique ou, pour le dire autrement : par amour de la folie de Dieu.

 

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1 C’est là une dérive du principe de libre examen ; un libre examen qui s’affranchit en fait de l’examen – et si les protestants sont tous papes une Bible à la main, cela ne signifie pas qu’ils sont tous docteurs…

Ces thèses participent de ce qu’il est convenu d’appeler le libéralisme théologique ; mais je préfère un exemple particulier, explicite, à une généralité théorique, qui peut demeurer floue et donc plus aisément acceptable. De plus, il ne s’agit pas ici de prononcer une accusation personnelle ou collective. Car ce qui égare l’Église, « ce n’est pas la chair et le sang » – Eph 6.12.

2 On qualifie de « pluralité » le pluralisme appliqué aux questions secondes, au sein d’un ensemble structuré par des vérités premières.

3 L’application pratique du pluralisme idéalisé est la méthode du  consensus, qui a pour effet notable, dans nos Églises, d’en déplacer le centre de gravité de l’Évangile vers l’identité protestante. Effet particulièrement manifeste en cette année de commémoration du cinq-centenaire de la Réforme, où l’apologie du protestantisme et de ses haut-faits bat son plein. De quel autre haut-fait pourtant pouvons-nous nous réclamer, sinon du haut-fait de Dieu lui-même en Jésus-Christ ? Quand bien même nous ne confessons plus le même Christ, nous partageons le même protestantisme ! Dès lors, le mal est fait pour l’Église, dont l’identité première ne peut être bien sûr qu’évangélique.

 

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