Ils furent tous remplis d’Esprit-Saint…

1 juin 2020

Actes des Apôtre 1.4-8, 2.1-39

 

Rappelons-nous l’œuvre du Seigneur…

Il a accompli notre salut. Il nous a ressuscités. Il a vaincu notre mort et nous a offert sa victoire. Et nous voici, en lui, plus que vainqueurs du malin, de celui qui nous avait enlevé à l’amour de notre Dieu. Parce que notre péché a été la mort du Seigneur, sa victoire est notre salut. Notre vie éternelle. Comme son amour est éternel.

Alors le Sauveur revient au Père, son œuvre accomplie. Ou, plus exactement, Il nous ramène au Père ; comme il est venu nous chercher, il nous ramène dans son amour, dans l’œuvre de son amour.

Mais avant de partir, il dit à ses disciples, ceux qu’il appelle les siens : Dans quelques jours, vous serez baptisés d’Esprit-Saint, et vous serez mes témoins, dans le monde entier. Vous serez mon œuvre de justice et de salut, pour tous.

En le voyant partir, les disciples ont le sentiment d’une perte, mais c’est le contraire… Jésus-Christ, c’est Dieu pour nous, avec nous, pour nous sauver ; l’Esprit-Saint, c’est Dieu en nous. Il est l’ADN de notre vie éternelle : l’amour qui fait vivre ceux qui le reçoivent, qui l’écoutent, qui le suivent. Jésus-Christ est pour nous le Sauveur ; l’Esprit-Saint est en nous le salut, et l’énergie de le vivre, de vivre le royaume des cieux.

Le royaume des cieux est au milieu de vous, en vous, dit Jésus. Qu’est-ce que le royaume des cieux ? C’est l’œuvre infinie, la créativité infinie, l’expansion infinie de l’amour et de la vie engendrée par l’amour. Vous n’appartenez plus à la mort, proclame en nous la foi, mais à l’amour, car le Dieu qui est amour n’a pas voulu vous perdre, et pour cela vous a pardonnés, rachetés à grand prix, et voici, désormais son Esprit est en vous le pouvoir d’être enfants de Dieu ; la liberté d’aimer, parce que vous avez été aimés… Et aimer, vivre le royaume des cieux, cela signifie avant tout partager le don de Dieu, annoncer en Jésus-Christ la victoire de sa grâce contre tous les pouvoirs de mort. L’annoncer partout, et à tous. C’est pour cela, désormais, que nous sommes dans le monde. Le monde nouveau. Le monde qui naît de nouveau…

D’ailleurs, la Pentecôte ressemble à un Big Bang, une explosion qui propulse l’Évangile dans le monde entier, à partir de la petite chambre haute… Comme si la création recommençait, commençait pour de vrai, après l’épreuve, l’avortement du péché…

Mais… Comment vivre, comment accomplir cela ? Comment vivre dans le monde en témoins de Jésus-Christ ? Comment vivre notre salut ? Le récit de la Pentecôte répond à cette question, comme la parole de Dieu répond à toutes les questions…

Mais avant de lire ensemble – tout simplement – la réponse, entendons bien ce que l’Esprit-Saint fait de nous… Des témoins, oui. Mais « témoins », en Jésus-Christ, cela signifie beaucoup plus qu’« annonceurs ». L’Esprit-Saint ne fait pas des disciples de Jésus-Christ de simples « facteurs » de l’Évangile, comme les anges sont les « facteurs », les transmetteurs de la volonté de Dieu. L’Esprit de Dieu ne fait pas de nous des facteurs, mais des acteurs de la Parole de Dieu, du salut de Dieu ; des bâtisseurs du royaume des cieux, chacun selon l’œuvre bonne que Dieu a préparée pour nous, afin que nous la pratiquions.

L’Évangile ne dit pas autre chose, lorsqu’il nous appelle enfants de Dieu, frères, amis de Jésus-Christ. Dans l’Esprit-Saint, par l’Esprit-Saint, chaque instant de ce que nous sommes est engagé dans l’œuvre de Dieu ; vous êtes ouvriers dans le champ de Dieu, dans la moisson du salut de Dieu… Dans l’Esprit Saint, toute notre vie est « vie spirituelle », mobilisée dans le combat vainqueur du salut du monde, avec les armes de Dieu, le bouclier de la foi, l’épée de la Parole…     1 Co 3.9 ; Éph 6.11

Toute notre vie en Dieu, pour Dieu, pour son œuvre, à chaque instant… Est-ce ce que nous vivons, est-ce que nous voulons cela ? C’est l’enjeu de la Pentecôte…

Mais si l’Esprit-Saint fait de nous des acteurs, des partenaires du salut de Dieu, s’il nous emmène faire les œuvres que Jésus a faites, et même de plus grandes, cela signifie cette chose, cette révélation étonnante, stupéfiante : cela signifie que désormais, maintenant, Dieu a besoin de nous. De toi.

Dieu compte sur toi ! N’est-ce pas étonnant ? Cette révélation, c’est la révélation de notre guérison, de notre péché enlevé, de notre vie relevée. Écoute cette révélation : ta foi en Jésus-Christ, c’est la foi en Dieu qui compte sur toi !

Lorsque Jésus dit à ses disciples : Ne vous éloignez pas de Jérusalem, mais attendez l’Esprit-Saint que le Père vous a promis, cela ne signifie pas seulement : « Ne faites rien sans moi » ; sans moi, vous ne pouvez rien faire – rien faire de bon, rien faire pour le salut du monde ; mais cela signifie aussi, et même surtout : « Je veux désormais tout faire, tout accomplir avec vous. » Comment mieux dire le salut de Dieu ?   Jn 15.5

N’est-ce pas ce que Dieu avait annoncé à son peuple ? Je serai pour vous un Père et vous serez mes fils et mes filles, ce que l’Évangile annonce en termes plus fusionnels encore : Vous êtes le corps du Christ. Autrement dit, car le corps signifie le mouvement et l’action : Vous êtes en Christ, vous en lui et lui en vous, l’œuvre de son salut. … C’est ce que Dieu avait voulu, dès le commencement, et c’est ce qu’il accomplit maintenant par sa Pentecôte, par le don de son Esprit.     2 Co 6.18 ; 1 Co 12.27

L’Esprit Saint, c’est en nous Dieu qui veut agir avec nous, qui ne veut plus agir sans nous. Dans son Esprit, le salut du monde devient le sens de notre vie, de nos actes, de nos engagements, de nos efforts, de notre souffrance peut-être… Par la liberté de vivre non plus selon la peur mais selon la résurrection ; la liberté de vivre pour aimer enfin, parce qu’il n’y a plus de mort, parce qu’elle a été engloutie dans la victoire, ce dont l’Esprit nous convainc à chaque instant, au cœur de nous-mêmes.      1 Co 15.54

 

Observons ce qui est arrivé aux disciples… Ils étaient apeurés, cachés, confinés dans la chambre haute, à cause de la mort qui les cherchait au dehors… Comme elle nous menace nous-mêmes, de partout, et nous contraint à nous protéger, plutôt qu’à nous exposer ; à fermer la porte de nos maisons, le soir venu…

Mais voici soudain les disciples expulsés par l’Esprit de liberté, et ils se mettent à proclamer à tous, dans toutes les langues les merveilles de Dieu, son salut en Jésus-Christ, comme s’il n’y avait plus d’ennemis, plus de frontière… Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins ! Repentez-vous, recevez le baptême, et vous recevrez l’Esprit-Saint… La joie de vivre, au lieu de la peur de mourir !

Les disciples n’ont plus peur. Oh, cela ne signifie pas qu’ils ne risquent plus rien. Au contraire, ils seront tous martyrisés, c’est-à-dire traités par l’ennemi et ceux qui lui appartiennent en témoins de de Jésus-Christ – « martyr » signifie « témoin ». L’Esprit-Saint en eux, Dieu en eux, est plus fort désormais que la peur, parce qu’il est en eux la mort vaincue… Cette liberté de témoigner, nonobstant le prix à payer, c’est le miracle de l’Esprit, le miracle du salut, que nous célébrons aujourd’hui.

Es-tu prêt, toi-même, à être traité par le monde en témoin de Jésus-Christ ? À souffrir peut-être pour le salut des autres, et même pour le salut de tes ennemis ? Célébrer l’Esprit-Saint, c’est aussi consentir à porter notre croix, et s’y préparer, ensemble. Nombreux sont nos frères qui payent aujourd’hui ce prix, par la liberté de l’Esprit, parce qu’ils appartiennent au salut du monde. Parce qu’ils répondent à la violence par l’Évangile. Répondre à la violence par l’Évangile… N’est pas une merveille de Dieu ?          Mt 5.43-44

L’Esprit-Saint fait de nous des adversaires de la mort. Et la mort défend son territoire. D’autant plus cruellement qu’elle se sait déjà vaincue.

Sommes-nous prêts à renoncer à juger, pour pardonner ? À dominer, pour servir ? À posséder, pour partager ? Sommes-nous prêts à renoncer au monde pour tout consacrer au Royaume ? Sommes-nous prêts à appartenir au Seigneur comme il s’est donné à nous ? Sommes-nous prêts à renoncer à toute autre richesse que le salut de Dieu ? Sommes-nous prêts à ne pas aimer notre vie jusqu’à craindre la mort ?       Ap 12.11

La réponse, bien sûr, c’est… non ! Notre chair se refuse à cela, nous n’en sommes pas capables, si ce n’est par nos bonnes intentions, dont l’enfer est pavé, c’est bien connu… Vivre pour le salut du monde, nous n’en sommes pas capables, si ce n’est par l’Esprit de Dieu. Si ce n’est l’Esprit-Saint qui répond « oui » en nous. Aimer parce que Dieu le demande, nous ne le pouvons pas ; mais nous pouvons aimer, parce qu’il nous aimés le premier, parce qu’il est en nous le pouvoir d’être ses enfants, le pouvoir d’appartenir à son œuvre, de mettre en œuvre sa justice, d’assumer le combat douloureux et victorieux du salut de la création.

Et ce « oui » que l’Esprit-Saint prononce en nous, c’est en nous ce que la Parole de Dieu appelle la joie en Jésus-Christ. Une joie qui est folie, délire pour le monde ; la joie plus forte que le bonheur et le malheur ; la joie d’appartenir au salut de Dieu, à l’éternité de son amour.

 

Comment vivre cette joie ? Frères, que ferons-nous ? disent ceux qui sont touchés par la prédication de Pierre, parce qu’ils y entendent la grâce de Dieu pour eux… Parce qu’ils entendent que Dieu a préféré mourir plutôt que les condamner… Et nous, chrétiens, comment assumerons-nous la mission dont nous sommes héritiers ? Comment accomplirons-nous l’œuvre du royaume ?

C’est très simple, répond Pierre. Rejoignez-nous ; plongez-vous dans la grâce de Dieu, et formons ensemble la famille du Père ; son Église. Pour y demeurer ensemble

Vivre l’Esprit-Saint, c’est vivre l’Église, vivre en Église ; nous y nourrir ensemble de la Parole de Dieu, pour y agir ensemble, dans son amour. C’est ensemble que les disciples ont reçu l’Esprit-Saint, et ils l’ont reçu ensemble pour être et demeurer ensemble le corps du Seigneur, pour accomplir ensemble l’œuvre de son amour, avec tous ceux qu’il appellera, en grand nombre… L’Esprit-Saint, c’est Dieu qui rassemble, organise et anime l’Église, le témoignage au monde entier du salut en Jésus-Christ.

Célébrer l’Esprit-Saint, c’est célébrer l’Église, parce que l’Église est dans le monde l’œuvre du royaume, le corps du Ressuscité, l’expansion du salut de Dieu. C’est pourquoi, pour notre monde qui a tant besoin de libération et d’espérance, encourageons-nous les uns les autres à la fidélité au corps du Christ ; ne soyons pas chaque dimanche un corps démembré, amputé, impuissant… Car Dieu agit à travers son corps rassemblé. Des parents peuvent-ils se réjouir si un enfant manque autour de la table ?

Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ! proclame l’Évangile… La liberté, c’est vivre l’Église ! C’est la liberté pour laquelle Christ nous a libérés.       2 Co 3.17 ; Ga 5.1

Si nous croyons que Jésus-Christ est le Sauveur, cela signifie qu’il compte sur nous, sur notre fidélité là où il nous appelle et nous rassemble, pour agir en nous : dans notre Église. Faisons de notre Église notre demeure, notre résidence principale ; alors nous verrons l’œuvre de l’Esprit ; nous verrons les sarments porter du fruit, et notre joie sera parfaite.         Jn 16.24

Nous sommes l’Église parce que nous sommes libres, libérés ; elle est notre demeure parce que nous appartenons à l’œuvre du salut du monde. Veillons à soumettre notre liberté à l’Esprit, et non à la chair ; veillons à préserver dans notre quotidien la première place de l’Église, la primauté du salut de Dieu, alors nous recevrons toutes les réponses, toutes les solutions, toutes les orientations dont nous avons besoin pour vivre vraiment notre vie dans le monde ; pour être dans le monde témoins de Jésus-Christ.

Que l’Esprit-Saint nous remplisse de joie d’appartenir, ensemble, à Jésus-Christ, et d’accomplir en lui l’œuvre infinie de son amour !

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