Seul sur son ânon

5 avril 2020

« Que les cieux se réjouissent

Et que la terre soit dans l’allégresse

Que la mer retentisse avec tout ce qui la remplit

Que la campagne exulte, avec tout ce qui s’y trouve

Que tous les arbres des forêts lancent des acclamations

Devant l’Éternel ! Car il vient, Il vient pour juger la terre

Il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa fidélité »

Psaume 96.11-13

 

Pour ce quatrième dimanche sans pouvoir nous réunir, laissons de côté le Covid-19 pour regarder à Jésus. À Jésus seul. Car en lui, nous sommes ensemble, sans que rien puisse nous désunir.

Regardons à Jésus, car il vient, comme il était annoncé… Il vient, il entre à Jérusalem pour y accomplir sa justice, selon sa fidélité. Quelle est cette justice ? C’est la grâce de Dieu, le péché pardonné et le salut offert pour tous ceux qui se repentent devant lui, tous ceux qui reconnaissent en lui le Seigneur et le Sauveur, la vérité et la vie qu’ils avaient perdues, sans pouvoir y revenir.

Pour sauver le monde, le Seigneur vient combattre et vaincre l’ennemi qui nous a possédés ; il vient subir notre condamnation pour accomplir notre libération. Louons ensemble sa justice et sa fidélité, avec ces versets du Psaume 22 :

« Je publierai ton nom parmi mes frères, je te louerai au milieu de l’assemblée 

Vous qui craignez l’Éternel, louez-le ! Vous, toute la descendance de Jacob, glorifiez-le ! Tremblez devant lui, vous, toute la descendance d’Israël !

Car il n’a ni mépris ni dédain pour les peines du malheureux, et il ne lui cache pas sa face ; mais il l’écoute quand il crie à lui.

Tu seras dans la grande assemblée la cause de mes louanges ; J’accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te craignent

Les humbles mangeront et se rassasieront, ils loueront l’Éternel, ceux qui le cherchent. Que votre cœur vive à toujours !

Toutes les extrémités de la terre se souviendront de l’Éternel et se tourneront vers lui ; Toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face

Car le règne est à l’Éternel, Il domine sur les nations. Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi 

Devant lui plieront tous ceux qui descendent dans la poussière, ceux qui ne peuvent conserver leur vie 

La postérité lui rendra un culte ; On parlera du Seigneur à la génération future

On viendra annoncer sa justice au peuple qui naîtra, car l’Éternel a agi » 

 

Oui, l’Éternel a agi ; il est Jésus-Christ, notre libérateur, notre salut. Louons son nom de tout notre cœur ! Hosanna !

https://www.youtube.com/watch?v=PvauXEVad00

 

 

Dans l’Évangile selon Matthieu, 20.17 à 21.17, lisons le récit de l’arrivée et de l’entrée de Jésus à Jérusalem…

“Sur le point de monter à Jérusalem, Jésus prit à part les douze et leur dit en chemin : Voici : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et le troisième jour il ressuscitera.

Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils, et se prosterna, pour lui faire une demande. Il lui dit : Que veux-tu ?

Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils que voici soient assis, dans ton royaume, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. Jésus répondit : Vous ne savez ce que vous me demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? Nous le pouvons, dirent-ils. Et il leur répondit : Il est vrai que vous boirez ma coupe, mais pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé par mon Père.

Les dix qui avaient entendu cela furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles. Il n’en sera pas de même parmi nous. Mais quiconque veut être grand parmi vous sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup.

Lorsqu’ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus. Or, deux aveugles assis au bord du chemin entendirent que Jésus passait et crièrent : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David. La foule leur faisait des reproches, pour les faire taire, mais ils crièrent plus fort : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David. Jésus s’arrêta, les appela et dit : Que voulez-vous que je vous fasse ? Ils lui dirent : Seigneur, que nos yeux s’ouvrent. Saisi de compassion, Jésus toucha leurs yeux ; et aussitôt ils recouvrèrent la vue et le suivirent.

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, vers le mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi. Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il les laissera aller.

Or, ceci arriva afin que s’accomplisse la parole du prophète (Zacharie) : Dites à la fille de Sion : « Voici que ton roi vient à toi, Plein de douceur et monté sur une ânesse, Sur un ânon, le petit d’une bête de somme. »

Les disciples allèrent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent sur eux leurs vêtements et le firent asseoir dessus.

La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d’autres coupèrent des branches aux arbres et les étendirent sur le chemin. Les foules précédaient et suivaient Jésus en criant : Hosanna au Fils de David ! « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! » (Ps 118)

Lorsqu’il entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi et l’on disait : Qui est celui-ci ? Les foules répondaient : C’est Jésus, le prophète, de Nazareth en Galilée.

Jésus entra dans le temple, il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple, il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de pigeons. Et il leur dit : Il est écrit : « Ma maison sera appelée une maison de prière. « Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs. » (Ésaïe 56.7, Jérémie 7.11)

Des aveugles et des boiteux s’approchèrent de lui dans le temple. Et il les guérit. Mais les principaux sacrificateurs et les scribes furent indignés, à la vue des merveilles qu’il avait faites, et des enfants qui criaient dans le temple : Hosanna au Fils de David.

Ils lui dirent : Entends-tu ce qu’ils disent ? Oui, leur répondit Jésus. N’avez-vous jamais lu ces paroles : « Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ? » (Ps 8) Il les laissa et sortit de la ville pour aller à Béthanie où il passa la nuit. »

 

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Quel est le personnage – si l’on peut dire – le plus significatif de ce récit de la venue du salut de Dieu ?

Je dis bien le plus significatif, pas le plus important… Le plus important, c’est Jésus, bien sûr… Quoique pour Jésus, le plus important, c’est nous. Chacun d’entre nous, qu’il est venu sauver. Le plus important, pour Jésus, c’est son amour pour nous. Son amour pour toi.

Le « personnage » le plus significatif de ce récit, c’est l’ânon… Pourquoi ? J’imagine que cela vous étonne et vous interroge, mais… pour l’instant, laissons-le de côté, cet ânon… Nous y reviendrons pour finir.

Voici le Messie d’Israël qui arrive à Jérusalem. Jérusalem, c’est la ville de la révélation de Dieu, la ville à partir de laquelle doit s’accomplir le salut de Dieu. Et il va s’accomplir, par Jésus, qui vient sur son ânon.

La lecture de ce récit donne lieu, traditionnellement, à un dimanche joyeux, et même festif… On se joint à la foule pour crier « Hosanna » ! ce qui signifie : « Viens, Dieu sauveur » ! On acclame le salut de Dieu qui s’accomplit sur la terre comme au ciel ; parfois, de même que la foule, on coupe et on distribue des rameaux, comme pour apporter au Messie l’hommage de la création, ou lui tresser la couronne du vainqueur… Le royaume des cieux, disait-il, est comme un grand arbre sorti de la terre, d’une toute petite graine… (Mt 13.31-32)

Disons-le d’emblée, il est juste de fêter ainsi l’entrée du Seigneur à Jérusalem, sur son ânon… La foule fait bien de l’acclamer, elles ne se trompent pas. Car de ce petit événement de rien du tout aux yeux du monde, de cette toute petite graine, se déploiera le salut de Dieu, dans son infinie dimension. C’est pourquoi il est juste de proclamer et chanter « Hosanna » de tout notre cœur et toute notre joie, avec toute la création, les mers, les campagnes, les arbres, les montagnes, car c’est vraiment le Seigneur qui vient accomplir sa justice. Sauver son peuple.

 

Cependant, quelque chose ne va pas dans ce récit. Il y rode comme un malaise, un malentendu, une tension, pesante…

Serait-ce l’ânon qui le révèle ? N’y a-t-il pas, en effet, quelque chose de décalé, et même de ridicule, entre les acclamations de la foule, l’entrée royale qu’elle dispose à Jésus, et l’ânon sur lequel il est monté..? Le Messie désiré par la foule est-il le même que le Messie qui vient ?

Il semble que Jésus veuille faire entendre quelque chose que personne autour de lui ne veut entendre. Comme lorsqu’au moment de monter Jérusalem, il annonce ce qui va arriver ; qu’il y sera livré, condamné, moqué, flagellé, crucifié…

Mais les disciples n’entendent pas. Preuve en est la demande de la mère des fils de Zébédée, Jacques et Jean, aussitôt après… « Mes enfants pourront-ils être assis aux places d’honneur, auprès de toi, lorsque tu auras établi ton règne à Jérusalem ? » Elle ne pensait probablement pas à leur crucifixion…

Les disciples n’entendent pas, ne veulent pas entendre l’annonce, il est vrai terrible, de Jésus. Mais peuvent-ils seulement l’entendre ? « Je ne suis pas comme les grands de ce monde ! répond Jésus. Je ne viens pas prendre le pouvoir, mais servir, offrir ma puissance… » Non, les disciples ne peuvent pas entendre cela. Le péché qui les possède encore les rend sourds à ces paroles ; il leur impose sa volonté de pouvoir, de domination, et la compétition et la rivalité lamentables qui vont avec, et augmentent à l’approche du but…  « Les dix furent indignés contre les deux frères… »

De ce malentendu, preuve en est encore la volonté de la foule de faire taire les deux aveugles qui en appellent au Sauveur, à Jéricho… Peu importe à la foule le sort de ces malheureux ; seul lui importe de prendre bientôt le pouvoir à Jérusalem, au côté du nouveau roi… Qui sont les aveugles ?

C’est alors, approchant Jérusalem, que Jésus demande à ses disciples d’aller chercher l’ânon. Ils obéissent, bien sûr, sans même s’étonner de cette curieuse monture pour le roi dont ils s’apprêtent à acclamer et accompagner l’entrée triomphale…

Et quand bien même leurs acclamations ne se trompent pas, quand bien même elles célèbrent bien le Messie de Dieu, elles sont manifestement infectées par le désir de puissance qui aveugle alors la foule, derrière le roi monté sur l’ânon… Sous ses acclamations, il y a bien un malentendu. Un lourd malentendu… D’ailleurs, Jésus demande-t-il vraiment à être acclamé ? Ne demande-t-il pas avant tout à être écouté ?

Louer le Seigneur, louer le salut de Dieu est assurément une juste chose. Mais veillons à louer, non pas le dieu que nous voulons, mais le Dieu qui s’offre vraiment à nous… La foule veut le pouvoir, Jésus appelle au service. C’est là le malentendu.

 

À ce malentendu s’ajoute la tension… Car aux acclamations de la foule répond le silence, et même l’hostilité de Jérusalem. « Qui est celui-ci ? » demande-t-on, avec mépris… Jérusalem et les chefs d’Israël pouvaient-ils reconnaître le Fils de David dans ce galiléen monté sur une bête de somme et poussé par la populace ?

Bien sûr que non ! Ils n’acceptent pas, ne reçoivent pas ce prétendu Messie qui n’est pas révélé par la voie hiérarchique, par leur intermédiaire autorisé, et qui de plus n’a cessé de faire fi de leur autorité, de leur dignité. Ils s’indigneront plus encore lorsque Jésus renversera dans le temple le commerce religieux qui faisait leur pouvoir et leur bénéfice…  Qui le leur reprocherait ? Il guérit gratuitement les pécheurs, les aveugles et les boiteux ! Comme la foule, Jérusalem aussi voit en Jésus la puissance de Dieu ; mais Jérusalem n’accepte pas que cette puissance lui échappe. Les juges n’acceptent pas de s’entendre jugés.

C’est pourquoi Jérusalem s’ouvre devant Jésus silencieuse et glaciale, comme un tombeau…

Et en vérité, entre le malentendu et le rejet, entre les acclamations intéressées de la foule et le silence hostile de Jérusalem, Jésus est seul, sur son ânon. Seul entre ceux qui veulent le pouvoir et ceux qui veulent garder le pouvoir. Seul entre la convoitise et l’orgueil, entre le péché et le péché. Jésus est seul, comme il sera seul, quelques jours plus tard, dans le jardin de Gethsémané, au sanhédrin, au prétoire et à la croix, face aux cris de haine, aux vociférations de mort cette fois unanimes, parce qu’aucun n’aura eu de lui ce qu’il voulait, ce que son péché convoitait : le pouvoir, la domination.

Jésus est seul sur cet ânon qui l’emmène à la croix… Qui l’emmène mourir à cause des uns comme des autres, mais aussi pour les uns comme les autres ; pour ceux qui l’acclament comme pour ceux qui le rejettent. Jésus se fait victime des uns comme des autres, pour être le sauveur de tous.

 

Avons-nous entendu le malentendu caché derrière cette louange ? L’avons-nous compris ? Il nous avertit contre le piège permanent du péché, l’orgueil et la convoitise dont le Seigneur seul peut nous délivrer. Parce qu’il en a subi les conséquences, tout seul, à notre place.

C’est pourquoi, s’il est juste de fêter l’entrée de Jésus à Jérusalem, il ne s’agit pas pour autant d’un événement festif, car il s’agit de l’entrée du Sauveur dans sa passion. Sa passion à cause de nous, et pour nous ; à cause de tous, et pour tous. Car la foule acclame ce que Jésus n’est pas, et ce que Jésus est, Jérusalem le repousse. La foule acclame le dominateur dont elle convoite la domination, et Jérusalem repousse le serviteur qui appelle des serviteurs. La foule veut posséder, Jérusalem ne veut pas partager. Il n’y a pas de bons et de méchants dans ce récit, pas plus d’ailleurs que dans toute la Bible ; il n’y a que des pécheurs, que Jésus vient sauver, délivrer du malin, en donnant sa vie en rançon

Jésus livré sur son ânon à la convoitise et à l’orgueil révèle la grâce de Dieu au milieu du péché des hommes. C’est Dieu qui, par amour, vient s’offrir et souffrir ; s’offrir à tous, souffrir à cause de tous. Et ressusciter pour tous. C’est pour cela qu’à peine entré à Jérusalem, il renverse dans le temple les tables des vendeurs et de changeurs, le commerce des sacrifices… Plus question de commerce avec Dieu ; Dieu offre tout ! Dieu s’offre lui-même, tout entier. Plus besoin d’acheter ses faveurs, son pardon. Il suffit de se tourner vers lui, et de lui dire : « Mon Dieu, je suis pécheur, perdu ; moi aussi, je voudrais aimer, mais je juge… Moi aussi, je voudrais partager, mais je convoite… Moi aussi, je voudrais vivre, mais je meurs et je n’y peux rien… Sauve-moi, mon Dieu ! » Alors Jésus-Christ nous rachètera lui-même. Sur son ânon…

 

L’ânon… Revenons à lui, pour finir. Je disais qu’il est le « personnage » le plus significatif de ce récit, je voulais dire, le plus significatif de notre salut… Pourquoi ? Parce qu’il en dit beaucoup sur ce que Jésus vient accomplir, comme sur nous-mêmes, qu’il a appelés ou qu’il appelle à lui, maintenant peut-être…

« Le Fils de l’homme, avait dit Jésus, n’est pas venu pour être servi, mais pour servir »… Si Jésus n’est pas entré à Jérusalem sur un fier destrier, mais sur un petit âne, c’est pour révéler qu’il est venu, non pas faire la guerre, à personne, mais travailler, avec tous. C’est pour cela de même qu’il est né, non pas dans un palais, mais dans une étable… L’âne (oui !) est par excellence l’animal du travail, l’animal qui signifie le travail… C’est l’animal sur lequel le Seigneur nous emmène, avec lui, au labeur du salut du monde, au labeur de son amour pour sa création.

Mais l’ânon signifie-t-il seulement cela ? Le travail que le Seigneur est venu accomplir ? Non…  Il est aussi une fidèle représentation de l’Église elle-même, du peuple que le Seigneur est venu former autour de lui

La comparaison peut sembler peu flatteuse ; mais ce n’est qu’en apparence. Car l’âne est doué de remarquables qualités. Il peut porter et supporter de lourdes charges et, s’il n’est pas rapide, il va toujours au bout, dur et fidèle à la tâche, grimpant avec courage les sentiers les plus escarpés… Nos anciens paysans – cévenols en particulier – savent bien la valeur d’un tel partenaire !

C’est pourquoi cette comparaison ne doit pas nous vexer, mais au contraire nous témoigner l’affection, la confiance et la considération du Seigneur, de celui qui s’est fait notre ami, notre compagnon, dans toute la simplicité et l’intensité de ces mots… Le Seigneur lui-même, par la bouche d’Ésaïe, soulignait la fidélité de l’âne, supérieure à l’infidélité de son peuple, inlassablement rebelle, comme les religieux de Jérusalem… « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la mangeoire de ses maîtres ; Israël lui ne connaît rien, mon peuple ne comprend pas… » (Esaïe1.3) Et nous, avons-nous compris ?

Quelle est la charge que le Seigneur confie à son Église ? De le transporter au monde entier, de servir son amour envers toutes les nations… C’est en vérité une bien lourde charge, souvent épuisante et douloureuse, mais le Seigneur nous l’a confiée pour qu’avec lui nous la menions jusqu’au bout. Il nous y encouragera, avec fidélité, comme un bon maître. C’est pourquoi d’ailleurs il demande un ânon : parce qu’il lui apprendra, comme il nous l’apprend, à grandir au service de son amour.

Parfois, comme un âne, nous renâclons nous aussi, parce que nous préférerions de sa part une faveur, un petit coin tranquille plutôt que cette mission harassante. Parfois, nous faisons sourde oreille à l’exigence, comme les disciples lorsque Jésus leur annonçait sa passion. Nous voudrions comme la foule l’avoir pour nous tous seuls, pour qu’il nous protège des violences et des douleurs de ce monde – et l’épreuve que nous traversons en ce moment nous dit toute l’ineptie d’une telle convoitise. Mais le Seigneur est patient, compréhensif ; il sait et il saura nous encourager, jusqu’au bout, à porter avec lui notre croix, à souffrir avec lui pour avoir part à sa gloire (Romains 8.17).

Comme l’ânon de Jérusalem, notre mission est de porter le Seigneur, d’emporter au monde entier la Bonne Nouvelle du Dieu crucifié à cause du péché de tous et ressuscité pour le salut de tous. Ne craignons pas cette lourde tâche, ses épreuves et ses épuisements. Le Seigneur en sera la force, avec nous.

Craignons plutôt d’en être détournés par de vaines convoitises, de vains jugements ; pour cela, et même si nous nous considérons comme des religieux expérimentés, demeurons avant tout à son écoute, à son école… Alors nous le louerons à juste titre ; nous le louerons parce que lorsque nous étions encore pécheurs, il est mort pour nous (Ro 5. 8).

Si nous nous laissons-nous, comme l’ânon, fidèlement conduire par Jésus, alors nous avancerons dans le bon sens, et nous accomplirons le bon travail ; alors nous mènerons le bon combat. Celui qu’il a déjà remportés pour nous, et pour tous !

 

Jésus, si ta main me guide

Je marcherai par la foi

Tout chemin sera limpide

Tout travail sera pour toi

Je suis prêt pour la bataille

Sa douleur et son effort

J’irai où tu veux que j’aille

Dans la vie et dans la mort

 

Chantons notre liberté de servir, avec Jésus, l’amour de notre Dieu

De porter son amour à tous ceux qui l’espèrent !

https://www.youtube.com/watch?v=4WHHRKHwdQU

 

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Cette semaine encore, persévérons dans la prière pour

les familles endeuillées, les malades qui luttent contre la mort et leurs familles,

les professionnels de santé ; qu’ils soient portés dans l’exigence harassante de leur mission, encouragés dans leurs lourdes responsabilités et face à la cruauté de l’épidémie

les chercheurs qui travaillent à la mise au point de traitements et du vaccin ; qu’ils puissent unir leurs efforts,

les résidents des EHPAD, leurs familles et les personnels de ces établissements, lourdement frappés par l’épidémie ; les assistants à la personne et les éducateurs spécialisés qui continuent à assumer leur responsabilité,

tous les professionnels qui, aujourd’hui, ne renoncent pas à leur mission de transport, de livraison, dans l’intérêt commun et malgré les risques de contamination,

les familles confinées dans des appartements réduits, et leurs enfants qui étudient dans ces conditions,

les enfants, jeunes et adultes en situation de handicap, qui ne peuvent plus être pris en charge par leurs institutions, et leurs familles livrées à elles-mêmes,

les pays aujourd’hui menacés dépourvus d’équipements sanitaires proportionnés à la menace, particulièrement en Afrique et au Moyen-Orient, déjà affaibli par la guerre,

pour le peuple des Étas-Unis d’Amérique, durement frappé aujourd’hui ; prions pour que la solidarité nationale se déploie envers tous, quel que soit leur niveau d’assurance,

pour les peuples italien, espagnol et britannique qui partagent notre épreuve, pour l’Europe soumise à un enjeu décisif de solidarité, d’unité

pour tous ceux qui souffrent pour toutes autres raisons que le Covid-19 ; qu’ils ne soient pas oubliés, délaissés ; en particulier, prions pour les victimes de l’attentat perpétré hier à Romans-sur-Isère. Prions aussi pour leur agresseur ; qu’il puisse entendre du Seigneur l’appel à se repentir et renaître dans sa paix,

Prions aussi pour notre Église, notre témoignage dans notre ville ; qu’il ne soit pas déstabilisé, affaibli par le confinement, mais au contraire renforcé par la prière qui nous rassemble. Contribuons résolument à préserver et renforcer ce que le Seigneur nous a confiés ;

Et complétons notre prière, tous ces jours à venir, en exprimant le lien fraternel et solidaire entre nous et envers les personnes et situations que le Seigneur nous confie, par un appel téléphonique, par l’écoute et la vigilance, par la proposition d’un service autorisé par les mesures de confinement…

Téléphonons-nous, encourageons-nous, soutenons-nous sans relâche ! Si nous ne pouvons pas nous réunir dans un même lieu, demeurons unis dans le même Esprit,

 

Et avec Jésus, prions ensemble, ce dimanche, à 12h, autour d’une bougie :

Notre Père qui es aux cieux…

 

Oui, le Seigneur a agi !

Il est Jésus-Christ

Il a mené et remporté le combat de notre libération

Louons sa fidélité et sa victoire !

https://www.youtube.com/watch?v=hA5bhUHNn2Y

 

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