Si Dieu est pour nous…

22 mars 2020

Que l’Éternel te réponde au jour de la détresse

Que le nom du Dieu de Jacob te protège

Que du lieu saint il t’envoie du secours

Que de Sion il te soutienne !

Psaume 20.1-2

 

Ce dimanche à nouveau, le covid-19 nous prive de nous réunir, pour célébrer, entendre et annoncer ensemble l’Évangile, la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ.

Mais que cela ne nous prive pas d’en être les témoins, chacun d’entre nous, envers notre entourage, nos amis, nos parents, toutes celles et tous ceux dont nous prenons des nouvelles et qui n’ont aucun remède au désarroi, à la peur imposées par la situation, sinon parfois une désolante bravade envers les mesures décrétées pour le bien de tous…

Dans ces circonstances angoissantes, ne manquons pas de leur témoigner que notre paix et notre espérance se situent dans le secours que Dieu nous a envoyé et qu’aucun fléau de ce monde ne peut nous enlever, ainsi que le proclame la parole de Dieu, par la bouche de David et de Paul :

« Quand je suis dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ! »

 « Si une armée campait contre moi, mon cœur n’aurait aucune crainte ; Si une guerre s’élevait contre moi, je serais malgré cela plein de confiance ».  Ps 23.4, Ps 27.3

Une guerre… Nous sommes en guerre ! a déclaré à juste titre notre Président… Et puis :

« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?  Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous, ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? (…)

Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, la violence ? (…)

Dans toutes ces épreuves, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances et les êtres d’en-haut ou d’en-bas, ni aucune autre créature – dont le Covid-19 ! – ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur. » Romains 8.31-39

L’amour de Dieu vainqueur pour nous et en nous en Jésus ressuscité, que nous célébrons et proclamons, tous les dimanches, chaque premier jour de la semaine (Mt 28.1)… Ne manquons pas de le faire, aujourd’hui, à partir de nos maisons !

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L’épreuve que subit notre monde peut réveiller en nous ces deux questions, entendues cette semaine, et récurrentes en de telles circonstances :

1) S’agit-il d’un châtiment que Dieu nous envoie ?

2) Est-elle le signe des temps derniers, de la fin du monde ?

Ces questions sont le fait, non pas de la foi, mais de la peur. Et la réponse que la Bible leur apporte est on ne peut plus claire et nette.

 

1) Le Covid-19 est-il une punition divine envers un monde mécréant ? Non.

Jésus l’affirme lui-même, face à Nicodème le pharisien (les pharisiens n’étaient pas les derniers à menacer leurs semblables du châtiment de Dieu) : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde (c’est-à-dire punir le péché), mais pour que le monde soit sauvé par lui » – Jn 3.17

Jean-Baptiste lui-même l’avait annoncé : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » – Jean 1.29.

Ces paroles, et tout l’Évangile, interdisent une fois pour toutes d’interpréter l’épidémie Covid-19 ou tout autre fléau comme une punition de Dieu. Dieu n’est pas le punisseur mais le Sauveur ; il est Jésus-Christ, qui a pris sur lui le châtiment de notre péché, pour nous en délivrer.

Veillons attentivement, en tant que chrétiens et en quelque circonstance que ce soit, à ne pas céder à la tentation pharisienne de crier au châtiment divin. Comme si ceux qui croient étaient préservés d’être infectés, et éventuellement d’en mourir ! Ne jugeons pas au nom du Dieu qui nous a sauvés ! Ro 2.1-4

Certes, le Premier Testament contient beaucoup d’avertissements, parfois menaçants, envers le peuple d’Israël…. Ils se résument tous dans cette seule parole :

« Je te commande aujourd’hui d’aimer l’Éternel ton Dieu, de marcher dans ses voies et d’observer ses commandements, afin que tu vives et que tu multiplies (…) Mais si ton cœur se détourne, si tu n’obéis pas (…) je vous annonce que vous périrez (…) – Deutéronome 30.16-18.

L’avertissement est pédagogique : En moi, prévient Dieu, se trouve la vie ; hors de moi, la mort. Je suis le créateur ; hors de moi, hors de ma parole, c’est le chaos et le néant. Dieu parle ici comme le Père… Lorsque des parents avertissent leur enfant d’une possible punition, ce n’est pas pour le menacer mais pour l’appeler au comportement qui lui sera favorable. Et s’ils en viennent à le sanctionner, ce n’est pas pour le brimer mais pour lui « donner une leçon », lui faire expérimenter les conséquences de la désobéissance, de l’entêtement. Un peu comme l’amende de 135 € infligée à ceux qui désobéissent aux règles du confinement…

Dieu faisait de même envers son peuple. Mais le châtiment qu’il lui infligeait, c’était de se détourner de lui, de faire taire sa voix, de le livrer à lui-même, aux conséquences de sa désobéissance, comme en témoigne David :

« Je disais, dans ma tranquillité : Rien ne peut m’arriver ! Tu cachas ta face, et je fus confondu… Alors Éternel, j’ai crié vers toi, je t’ai supplié ! Que gagnes-tu à me faire descendre dans le gouffre ? » Il prie encore : « Ne me cache pas ta face, ne repousse pas avec colère ton serviteur ! Tu es mon secours, ne m‘abandonne pas, Dieu de mon salut ! » Ps 30.7-8, 27.9.

Dieu châtie son peuple en se retirant pour laisser libre cours contre lui à la violence et la destruction du malin… Sa parole elle-même décrit l’effet de sa colère : « Dans un débordement d’indignation, je t’avais un instant dérobé ma face (un instant qui a duré plusieurs siècles !), mais selon mon amour éternel, j’aurai compassion de toi, dit ton Rédempteur… Ésaïe 54.8. Voilà le dernier mot… La promesse…

Promesse accomplie en Jésus, le Rédempteur, qui répète ces avertissements, mais comme un frère désormais. Un frère qui appelle ses frères à la responsabilité : « Celui qui croit en moi n’est pas jugé, poursuit Jésus, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé… »  Jugé par qui ? Non pas par Dieu, qui offre le salut, mais par le malin, qui détourne les hommes de Dieu par la séduction, afin de les isoler, pour les détruire. De nous détruire. Jn 3.17

Ce détournement, c’est le péché, et le salaire du péché, c’est la mort. La mort infligée, non pas par Dieu, mais par l’absence de Dieu, où règne le malin ; le tueur. Soyons conscients de ce piège, et attentifs à ne pas y tomber… À ne pas nous laisser distancer de l’écoute du Seigneur.

Quiconque ne m’écoute pas, quiconque ne fait pas de ma parole son chemin, sa vérité et sa vie se punit lui-même, prévient le Seigneur. Celui qui ne demeure pas en moi – se livre lui-même au destructeur. Jn 14.6, 15.4-7

 

Les dérèglements de la création, comme celui que nous subissons aujourd’hui, sont la marque du monde détourné de Dieu, soumis à l’autodestruction du péché, ainsi que l’enseigne clairement la parole de Dieu : « La création a été soumise à la vanité – à l’insensé – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise » – Romains 8.20

Il est vrai qu’une telle expérience, qui révèle la vulnérabilité de ceux qui se croient forts et le dénuement de ceux qui se croient riches, peut conduire à se remettre en question, à rechercher, à appeler même un sens à ce qui semble frappé d’absurdité, un sens à une vie soumise à la décision de la mort…

Envers ceux-là, nous sommes porteurs de la réponse : Non, Dieu n’est pas celui qui vous punit, et dont vous devriez implorer ou acheter la clémence ; Dieu est Jésus-Christ, qui est venu vous délivrer du malin qui vous a piégés dans l’autodestruction du péché. Avec Jésus, la punition deviendra délivrance, l’insensé deviendra espérance, l’espérance que la création sera libérée de la servitude de la mort, pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu – Ro 8.21

Non, le Covid-19 n’est pas une punition de Dieu, mais une manifestation du péché dont la création est infectée. Face à elle, nous avons, non pas la punition, mais la solution de Dieu, Jésus-Christ, avec lequel tous ceux qui l’écoutent franchiront ces épreuves, comme il a franchi la mort, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus ni deuil, ni cri, ni douleur. Ap 21.4

 

2) L’épidémie Covid-19 annonce-t-elle les temps derniers, la fin du monde ? Là encore, non.

Une chose est certaine cependant : la fin du monde surviendra. Le Seigneur reviendra et mettra un terme aux épreuves du péché, pour tous ceux qui l’auront écouté et suivi.

Depuis que les hommes ont écouté le malin les convaincre qu’ils n’ont pas besoin de Dieu, et plus encore, que Dieu les empêche d’être eux-mêmes des dieux, le monde est devenu un lieu de violences et de souffrances. La loi du plus fort est devenue l’ordre naturel, et la vie, un combat désespéré contre la mort. Comme si la création avait activé son autodestruction, irrémédiable…

Jésus le dit à ses disciples : les violences, les guerres, les cataclysmes, les tremblements de terre, les épidémies… Tout cela ne cessera pas jusqu’à l’avènement du Fils de l’homme.

Et c’est bien vrai ! Cette épidémie est-elle pire que toutes celles qui l’ont précédées ? Non. La guerre en Syrie est-elle pire que toutes celles qui l’ont précédées ? Non. Et ce que le monde subit aujourd’hui n’est pas pire que ce qu’il subira encore, jusqu’à ce que Jésus revienne, et mette fin une fois pour toute à la tyrannie du malin et à son œuvre de destruction…

Quand cela arrivera-t-il ?

La réponse du Seigneur est on ne peut plus claire : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps que le Père a fixés de sa propre autorité » Actes 1.7. Ne vous occupez pas de la fin du monde ; c’est de l’orgueil. Occupez-vous d’annoncer le salut du monde ; c’est l’amour.    

Être chrétien, ce n’est pas s’employer à discerner la venue de la fin du monde, mais à annoncer en Jésus la fin de la mort, offerte par la grâce de notre Créateur et Sauveur.

 

Alors, dans cette épreuve, pour tous ceux qui en ont peur, pour tous ceux qui en souffrent, demeurons fermes à annoncer en Jésus, non pas une menace, mais la Bonne Nouvelle ; non pas une punition, mais la délivrance ; non pas la fin du monde, mais la vie éternelle.

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Notre Dieu n’est pas contre nous un châtiment, mais il est pour nous la solution : Jésus-Christ vainqueur !

C’est pourquoi, prions pour tous ceux qui s’engagent, non pas à faire peur, mais à lutter par l’énergie de l’espérance et la liberté de la foi pour surmonter cette épidémie et en limiter les méfaits.

Et en premier lieu, et parce que Dieu nous y appelle, honorons ceux qui nous gouvernent et obéissons à leurs décisions ; ne ricanons pas de la menace, comme on entend ricaner de la foi, mais soumettons-nous au confinement, par amour de notre prochain.

Ne faisons pas la leçon, mais encourageons au combat !

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Prions ensemble pour

les familles endeuillées, les malades qui luttent contre la mort et leurs familles,

les professionnels de santé, en première ligne dans ce combat et soumis à de de lourdes responsabilités,

les chercheurs qui travaillent à la mise au point de traitements et du vaccin,

les enseignants et l’organisation complexe de la continuité pédagogique,

les personnes seules chez elles, et en particulier les résidents des EHPAD privés de visites familiales, ainsi que pour les personnels de ces établissements, et les assistant à la personne qui continuent à assument leur responsabilité,

les familles confinées dans des appartements réduits, et leurs enfants qui étudient dans ces conditions ; soutenons-les, encourageons-les par le lien fraternel,

les pays dépourvus d’équipements sanitaires proportionnés à la menace,

tous ceux qui souffrent pour toutes autres raisons que le Covid-19 ; qu’ils ne soient pas oubliés, délaissés…

Mais aussi, et pour compléter notre prière, téléphonons-nous, encourageons-nous, soutenons-nous sans relâche ! Si nous ne pouvons pas vivre l’Église par le corps, vivons-la par l’unité de l’Esprit,

Et rendons grâces à Dieu, qui nous donne la victoire, par notre Seigneur Jésus-Christ !  1 Co 15.57

 

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